Les plantes sucrières

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On trouve à l'intérieur des plantes sucrières : la betterave sucrière et la canne à sucre.

La betterave sucrière :

La betterave permet d'obtenir du sucre dans les pays tempérés.

Origine :

Avant le XIXème siècle : domination de la canne

Jusqu'au début du XIXème siècle, c'est la canne, importée d'Asie puis des îles tropicales, qui fournissait le sucre en Occident. Cependant on connaissait la betterave sucrière.

Dès 1575 Olivier de Serres avait signalé dans son Théâtre de l'agriculture la richesse en sucre de la betterave.

En 1747, un Allemand, Andreas Sigismund Marggraf, parvient à extraire le sucre de la betterave. En 1786 son élève Franz Carl Achard construit une fabrique expérimentale. Plusieurs usines sont édifiées en Silésie et Bohème, et deux petites sucreries sont fondées dans la région parisienne.

Napoléon et le Blocus Continental

La Révolution de 1789 engendre des conflits internationaux qui paralysent le commerce du sucre, tributaire des transports maritimes. En 1792 la guerre éclate entre les Français et les Anglais. La flotte britannique empêche les navires marchands venant des colonies d'Amérique d'arriver dans les ports français. Le sucre est rationné et son prix atteint dix fois celui d'avant la Révolution. La situation s'aggrave lorsque l'empereur Napoléon institue le Blocus Continental qui ferme au commerce de l'Angleterre tous les ports du continent.

En 1812, Benjamin Delessert réussit à produire le sucre de betterave en grande quantité. Il présente à Napoléon des pains de sucre aussi blancs et scintillants que le sucre de canne. Napoléon encourage alors la production massive de betteraves à sucre. Il distribue un million de francs aux agriculteurs qui acceptent de pratiquer cette culture.

Après l'Empire

La culture de la betterave va connaître des hauts et des bas.

En 1890, les trois cinquièmes du sucre proviennent de la betterave sucrière, mais la destruction des sucreries du nord de la France pendant la 1ère guerre mondiale fait chuter la production.

Depuis 1931, plusieurs conventions ont tenté de fixer des contingents d'exportation aux pays producteurs.

Description :

La betterave à sucre appartient comme l'épinard et la blette à la famille des chénopodiacées. Les variétés de betterave sucrière cultivées actuellement sont issues de la betterave " blanche de Silésie " sélectionnée à la fin du XVIIIème siècle par le chimiste allemand Achard.

C'est une plante bisannuelle pour sa reproduction qui s'effectue par graine, mais sa récolte est annuelle. La première année, elle se développe et constitue ses réserves de sucre dans la racine. La seconde année elle utilise le sucre en réserve pour se reproduire.

La racine est le " magasin " dans lequel s'accumule le sucre, sous forme de saccharose. Presque entièrement enfouie dans le sol, elle mesure entre 15 et 35 cm de long. Elle est conique, parcourue par deux sillons, et possède un collet plat. La partie renflée qui contient le plus de sucre se termine par un pivot, dont le prolongement peut descendre jusqu'à 2 m de profondeur.

Ses feuilles, réparties en bouquet, constituent le laboratoire où se fabrique le sucre grâce à l'action du soleil sur la chlorophylle (processus de la photosynthèse).

Ses fleurs, simples, sans pétales, se dressent en épis à l'extrémité des tiges. Le fruit, ou glomérule, contient les graines.

Culture :

En France, la culture de la betterave est concentrée au nord de la Loire. Elle exige des terres riches, profondes, fortement fumées et préparées, un climat tempéré assez humide d'avril à septembre. C'est une plante " nettoyante ", qui favorise le rendement en blé l'année suivante. On dit que " le sol conserve le souvenir de la betterave ".

Les semis

On sème les graines au printemps, après les gelées de mi-mars à fin avril avec des semoirs de précision. Un binage doit être effectué quelques semaines après les plantations. Assez fragile, la betterave nécessite des traitements contre les maladies.

La récolte

La récolte commence en automne, fin septembre, et doit être terminée en décembre, avant les grands froids.

Pour arracher les betteraves, on utilise trois sortes de machines : effeuilleuse ou décolleteuse, arracheuse, ramasseuse. Des bataillons de camions transportent les betteraves vers la sucrerie qui est proche des champs, car avec le temps, les betteraves perdent le sucre qu'elles contiennent.

Le rendement

Selon les pays on peut récolter de 30 à 90 tonnes de racines à l'hectare.

Débouchés :

Consultez le site consacré au sucre :   http://www.lesucre.com

Le sucre existe déjà dans la betterave, comme le sel est contenu dans l'eau de mer.
Il s'obtient au terme d'un travail de séparation : on extrait le sucre qui existe dans la plante, on le sépare des impuretés, on élimine l'eau.

Les produits dérivés de la betterave

Les pulpes (partie tendre, riche en éléments nutritifs) servent à l'alimentation animale.
Les feuilles servent à fabriquer de l'engrais pour les champs.
La mélasse (résidu sirupeux de la cristallisation) sert, entre autre, à fabriquer la levure de boulangerie.
L'alcool sert dans des produits ménagers ou chimiques.

Chiffres-clés :

La France est le 1er producteur mondial de sucre de betteraves devant les USA et l'Allemagne (4 à 5 millions de tonnes par an) et le 7ème producteur mondial de sucre. Elle est le 1er exportateur de l'Union Européenne et le 5ème exportateur mondial.

La culture des betteraves couvre une superficie de l'ordre de 2,6% des terres labourables de France, soit 457 000 hectares en 1996-97.

Douze départements situés au nord de la Loire représentent 90% des surfaces plantées en betterave.

Documentation pédagogique

Les plantes sucrières : deux affiches présentant les deux principales plantes sucrières, la betterave et la canne à sucre.

De la betterave au sucre : affiche présentant à l'aide de photographies les principales étapes de production du sucre de betterave.

Fais ton sucre : CD-Rom permettant d'apprendre en s'amusant les principales étapes d'extraction du sucre de betterave.

 

La canne à sucre :

La canne à sucre richesse de nos départements d'Outre-Mer : Guadeloupe, Martinique et Réunion.

Origine :

De la Nouvelle Guinée à l'Asie

Connus depuis la Préhistoire, le miel et la canne furent longtemps les seules sources du sucre. Originaire de Nouvelle Guinée, le "roseau sucré" arrive en Asie : il gagne les Philippines, l'Inde et la Chine. Le mot sucre vient du sanscrit, langue sacrée des brahmanes : sarkara a donné sukkhar en arabe, saccharum en latin, zucchero en italien, zucker en allemand, sugar en anglais, çucre puis sucre en français.

La conquête de l'Asie

La conquête de l'Asie fait connaître la canne aux peuples d'Occident. Les Perses, vers 510 avant J.C., puis les Grecs, vers 325 avant J.C., avec Alexandre le Grand et son amiral Néarque, découvrent en explorant la vallée de l'Indus ce "roseau qui donne du miel sans le concours des abeilles".

Les marchands indiens et perses importent le sucre de canne sur la Méditerranée orientale, en Arabie et en Egypte : il arrive par caravanes jusqu'en Grèce et dans l'Empire romain.

Au VIIème siècle, les Arabes envahissent l'Asie. Ils implantent la canne à sucre en Egypte, dans la vallée du Nil et en Palestine.

Les croisades

A partir du XIIème siècle, les croisés rapportent la canne en Sicile, dans le sud de l'Italie et même dans le midi de la France. Venise devient la capitale sucrière de l'Europe. Mais le sucre reste en Europe une denrée de luxe, comme les épices.

La découverte du Nouveau Monde

En 1493, Christophe Colomb, découvrant l'Amérique, introduit à Saint-Domingue, aux Caraïbes, des plants de canne à sucre. Grâce aux navigateurs portugais et espagnols, la culture de la canne se répand dans les îles tropicales, les "isles à sucre" : Porto Rico, Cuba, la Jamaïque. L'apparition des nouvelles boissons, café et cacao, développent la consommation du sucre. La culture de la canne se répand dans les nouveaux pays colonisés, qui deviennent le "grenier à sucre" de l'Europe.

En 1497, Vasco de Gama, découvrant le cap de Bonne Espérance, ouvre la route des Indes aux navigateurs portugais : Lisbonne devient alors capitale du sucre.

Au XVIIème siècle, les Français entreprennent de cultiver la canne et de produire du sucre dans leurs colonies : Martinique, Guadeloupe, Louisiane, île Maurice, Réunion.

Napoléon et la culture de la betterave

En 1792, la guerre entre Français et Anglais bloque l'arrivée dans les ports des navires transportant la canne. La France est privée de sucre. En 1806, Napoléon encourage la production d'une nouvelle plante sucrière, la betterave, qui va peu à peu concurrencer la canne.

Description :

La canne à sucre est une graminée vivace dont l'aspect rappelle celui du roseau.

Son écorce épaisse et cireuse se colore de jaune ou de violet selon les espèces.

C'est la tige qui contient le sucre, sous forme de saccharose. Cette tige, de 2 à 6 cm de diamètre, peut atteindre jusqu'à 5 m de haut. Elle est lisse, mais coupée tous les 10 à 20 cm par des nœuds. En période de floraison, elle se termine par une panicule, inflorescence argentée qui portera les graines.

Le sucre se forme dans les feuilles, qui prennent naissance aux nœuds, grâce à l'action conjuguée du soleil, de l'eau et de l'air, par photosynthèse.

Culture :

La canne est cultivée dans les zones intertropicales et subtropicales entre le 35° de latitude Nord et le 30° de latitude Sud. En ce qui concerne la France, ce sont les trois départements d'Outre-Mer (Guadeloupe, Martinique, Réunion) qui pratiquent la culture de la canne. Elle exige des sols assez riches, un climat chaud et humide ou des possibilités d'irrigation.

La plantation

La canne est reproduite par bouturage, à partir d'un morceau de tige comportant au moins un nœud. La plantation a lieu en général au début de la saison des pluies (d'août à octobre aux Antilles et de décembre à février à la Réunion). Selon l'équipement des pays, elle est manuelle ou mécanique. Différents traitements sont appliqués contre les maladies et les parasites animaux.

La récolte

La première récolte a lieu 11 à 18 mois après la plantation, un peu après le début de la saison sèche. Les souches repartent ensuite en nouvelles tiges et l'on récolte à nouveau 12 mois après. Selon les régions, la récolte s'étale sur plusieurs mois : aux Antilles de février à juin, à La réunion d'août à novembre.

Pour couper la canne, on pratique soit la coupe à la main, soit la coupe mécanique.

La coupe à la main est pratiquée dans les pays de culture traditionnelle ou au relief très accidenté. Le coupeur tranche la canne avec un couteau au ras du sol, coupe le sommet, ou " bout blanc ", pauvre en sucre, et il la range en " andains ". Le ramassage est ensuite effectué à la main ou à la machine.

La coupe mécanique est pratiquée dans les régions de grande culture. On utilise des machines qui coupent les cannes, les tronçonnent en segments et les chargent dans des véhicules qui les transportent à la sucrerie.

Le transport à la sucrerie doit s'effectuer rapidement car une fois coupée, la canne se détériore et perd son sucre.

Le rendement

Selon les pays le rendement à l'hectare varie de 40 à 250 tonnes.

Débouchés :

Consultez le site consacré au sucre : http://www.lesucre.com

Ciffres-clés :

En 1997-98 la France a produit dans les trois départements d'Outre-Mer (Guadeloupe, Martinique, Réunion) 248.000 tonnes de sucre de canne, dont l'essentiel à La Réunion.

La culture de canne couvre près de 36.000 hectares dans les D.O.M.

Documentation pédagogique

Les plantes sucrières : 2 affiches présentant les deux principales plantes sucrières, la betterave et la canne à sucre.

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