"C’est bien un retour à l’équilibre que nous souhaitons"

Retour Partager sur facebook Partager sur tweeter Imprimer l'article
Envoyer l'article par e-mail

Envoyer cet article par mail

Fermer

250 signes(s) restant(s)

 

* champs obligatoires

Face aux difficultés qui s’accumulent – embargo russe, accumulation des contraintes, distorsions de concurrence - le monde agricole passe à l’action. Après avoir alerté le Premier ministre sur « huit points durs » à régler absolument pour redonner de l’air à la profession, la FNSEA et Jeunes Agriculteurs se mobilisent le 5 novembre. Xavier Beulin, président de la FNSEA, revient sur l’une des revendications clés, le patriotisme alimentaire et la valorisation des produits français.

Vous prônez le patriotisme alimentaire, c’est-à-dire ?

Xavier Beulin : Comme dit la célèbre formule, "le patriotisme, c’est l’amour de son pays, le nationalisme c’est le rejet des autres". C’est bien un retour à l’équilibre que nous souhaitons, entre les potentialités offertes par un marché mondialisé et la valorisation, en France, d’une agriculture qui fait notre renommée tout en créant de l’emploi sur l’ensemble du territoire. Les produits français sont parmi les meilleurs du monde. Ils sont tracés, sécurisés et de qualité. Cela mérite sûrement une autre considération que les chiffres que l’on connait avec des taux allant jusqu’à 70%, 75 % d’import en fonction du produit dans certaines cantines ! Alors que les paysans français ont fait des efforts considérables pour une production réputée dans le monde entier, nous pouvons attendre une plus grande reconnaissance de la part de notre pays.

Le gouvernement a-t-il compris l’enjeu ?

XB : Je ne sais pas si le gouvernement a compris l’enjeu, mais en tout cas il en parle ! Il y a des règles à changer sur les marchés publics, il y a des évolutions à apporter pour que notre pays protège ses intérêts, sa façon de vivre et ses emplois tout en restant ouvert sur le monde. Les États-Unis le font depuis toujours, le Japon aussi, et que de dire du Brésil ou de l’Allemagne… Nous avons nous aussi à valoriser nos produits dans le cœur et les assiettes des Français mais encore plus lorsqu’il s’agit des cantines publiques, ou privées d’ailleurs. Ce qui est insupportable, c’est le double discours de certains politiques qui font l’éloge du Made in France mais qui, lorsqu’ils gèrent une cantine, s’approvisionnent plus que partout !

Comment comptez-vous faire ?

XB : De nombreuses opérations de sensibilisation seront réalisées au cœur des cantines scolaires avec vérification des produits et une volonté d’user de pédagogie pour expliquer aux gens les implications économiques, mais aussi sociales de cet enjeu. De même, les grands opérateurs seront rencontrés. L’idée est bien de faire une enquête représentative pour mettre tout le monde devant ses responsabilités, chiffres à l’appui. Les parents d’élèves eux-mêmes ont un rôle majeur à jouer, par exemple. Il faut avant tout que nos concitoyens cessent d’ignorer cette réalité pour qu’ils puissent agir en conséquence. Donc, avant tout de la pédagogie et de la transparence.

C’est le message que vous souhaiterez faire passer le 5 novembre ?

XB : Le 5 novembre sera une journée de mobilisation nationale sur l’ensemble des revendications que nous avons présentées au Premier ministre le 7 octobre. Des actions seront donc menées sur tout le territoire pour demander des solutions efficaces contre la crise que subissent actuellement de plein fouet les agriculteurs. Nous avons obtenu des avancées (écotaxe, avance des aides PAC au 16/10…), mais nous attendons encore des actes concrets de la part du gouvernement. Mais la journée sera aussi l’occasion de faire un point sur l’enquête menée dans les cantines, en continuant à revendiquer davantage de patriotisme alimentaire. 

événements

  • {0} - {1}

Reseaux sociaux

    LES ACTUS EN VIDEOS

    Toutes les émissions dans la médiathèque