"On n’est plus dans les problématiques techniques, on est dans une cause nationale"

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Avant la journée de mobilisation nationale du 5 novembre initiée par la FNSEA et JA, Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA, revient sur les revendications portées par la profession, en particulier sur le focus en faveur des produits français dans la restauration collective. 

Quelles sont les difficultés qui poussent le monde agricole à se mobiliser aujourd’hui ?

Dominique Barrau : La crise s’est aggravée en particulier depuis le début de l’été, au niveau de la réglementation d’une part avec la question de l’épandage des phytosanitaires à moins de 200 mètres des habitations et maintenant la directive nitrates, les SIE, le compte pénibilité…. S’ajoutent d’autre part les difficultés de certaines filières, je pense par exemple aux viandes blanches… On sent une situation sur le terrain où les agriculteurs sont exaspérés par toujours plus de contraintes, et nos entreprises n’arrivent plus à prendre des marchés. C’est en partant de ce constat que nous avons décidé de mener une action autour de huit points durs. Notre détermination doit appeler le gouvernement à mettre en place un certain nombre de mesures qui ne coûtent pas d’argent mais redonnent de l’air au niveau de la réglementation.

Quelles sont vos revendications ?

DB : Elles s’inscrivent dans la droite ligne de doléances présentées lors des Etats généraux de l’agriculture qui ont eu lieu en février 2014. Elles sont exprimées dans les huit points durs présentés au Premier ministre, avec un engagement particulier  au niveau de la restauration hors foyer. Par une enquête sur l’ensemble du territoire, nous voulons aller discuter avec les opérateurs, recueillir des éléments pour démontrer que même autour de chez nous, au niveau local, on mange de moins en moins français.

Ce focus sur la restauration collective est une nouveauté, quel message voulez-vous faire passer aux consommateurs et aux pouvoirs publics ?

DB : C’est en effet un chantier que l’on ouvre avec les responsables agricoles, les opérateurs, faire comprendre aux élus qu’ils ne sont pas en phase avec les attentes du consommateur. Il faut que les responsables politiques comprennent que par leurs décisions, ils affaiblissent le secteur de la production. Aux consommateurs, le message est aussi de montrer que leur alimentation, c’est notre emploi. S’ils ne sont pas toujours au fait de la provenance de ce qu’ils trouvent dans leurs assiettes, les chiffres de notre enquête ne porteront pas à discussion. Ils permettront d’expliquer que les exigences environnementales ont un coût, que la traçabilité a un coût également. Ce que l’on veut, c’est une prise de conscience. Tous les élus disent « chez nous, c’est du local », ce n’est pas vrai !

Quelles sont les formes que prendra la mobilisation ?

DB : Le travail d’enquête sera mené par des agriculteurs sur le terrain, dans chaque département, avec une grille de questions à faire remonter au réseau. C’est la première étape pour arriver à une lisibilité, une transparence. Si les cantines nous expliquent que, pour des raisons de prix, elles doivent faire leurs achats ailleurs, il faut que ce soit su, et que les gens se rendent compte que les entreprises françaises ne sont plus compétitives. Cela permettra d’appuyer la prise de conscience au niveau des responsables politiques. 

Quelles sont les suites prévues, notamment sur les huit points durs présentés à Manuel Valls ?

DB : Nous avons le 5 novembre une journée de mobilisation nationale, dans chaque département, pour demander des comptes sur le travail engagé avec le Premier ministre. L’enquête dans la restauration collective est le support de communication de notre action, pour donner une légitimité à nos revendications. On n’est plus dans les problématiques techniques, on est dans une cause nationale. L’agriculture française a une réputation, et pourtant on la charge au point d’écarter des producteurs du métier.

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