Les règles à respecter pour l'emploi de
saisonniers
Mis à jour le 26/04/2007
Embaucher un salarié dans une exploitation agricole
ne s’improvise pas. Il est important à la fois de bien connaître les règles à
respecter, mais aussi voir quelle solution est la mieux adaptée à ses besoins.
Il existe en effet différents types de contrats de travail, dont quelques uns
sont spécifiques à l’agriculture. Certains permettent d’obtenir des abattements
de charges sociales, d’autres d’aménager le temps de travail des salariés
(annualisation, périodes de pointe de travail, périodes creuses…). C’est
pourquoi il est important de bien se renseigner avant d’embaucher un salarié.
N’hésitez pas pour cela à contacter la juriste de la FDSEA, Pascale WILHELM, en
téléphonant au 03.88.19.17.67
Avec ses multiples productions spéciales,
l’agriculture bas-rhinoise fait appel à de nombreux salariés occasionnels pour
effectuer ses travaux saisonniers de récolte notamment. Si la difficulté majeure
aujourd’hui consiste à trouver suffisamment de saisonniers en raison des
problèmes de disponibilité. L'agriculture bas-rhinoise très diversifiée est un
gros employeur de main d'oeuvre occasionnelle. Le recrutement de travailleurs
saisonniers obéit aussi à des règles très précises que ce dossier a pour
vocation de résumer.

Qui peut-on embaucher ?
Lorsqu’un agriculteur cherche à recruter un ou
des salariés de nombreuses possibilités s’ouvrent à lui (famille, ami, chômeurs,
étudiants...) mais la législation du travail restreint ce champ d’action. Ainsi,
toute personne occupant déjà par ailleurs un emploi à temps complet ne pourra
pas effectuer de travaux saisonniers pendant ses congés payés. Il en est de même
pour les préretraités, les fonctionnaires ou encore toute personne en arrêt
maladie. A l'exception des salariés embauchés sous le dispositif du contrat
"vendanges" qui peuvent travailler durant leurs congés.
S'agissant des personnes retraitées, des
assouplissements sont intervenus depuis le 1er janvier 2005 pour le cumul emploi
retraite, en respectant certaines conditions.
Le code du travail stipule par ailleurs que toute
offre d’emploi doit être déposée à l’ANPE.
A noter que l'association Germa AI et ETTI peut
mettre à votre disposition des salariés. Dans ce cas aucune formalité
administrative ne vous incombe (lire encadré sur Germa-AI).
Cas particulier des jeunes : les jeunes de moins
de 18 ans mais ayant au moins 14 ans peuvent être employés, à condition de
respecter certaines règles particulières résumées dans le tableau 1.
Tableau 1 : Conditions d’emploi des
jeunes de moins de 18 ans.
|
Age |
14 à 15 ans |
15 à 17 ans |
17 à 18 ans |
|
Période d'emploi autorisée |
Durant les vacances scolaires de plus de 7 jours, à conditions que le
jeune bénéficie d'un repos continu d'une durée au moins égale à la moitié
des vacances. |
Aucune limitation de la période d'emploi |
| Déclaration particulière |
Remplir en double exemplaire le formulaire "déclaration
préalable d'embauche de jeunes de moins de 16 ans pendant les vacances
scolaires". Un exemplaire est à conserver et l'autre à renvoyer au
SDITEPSA au plus tard le dernier jour ouvrable avant l'embauche par
courrier ou par fax. (Ce formulaire est disponible à la FDSEA). |
Pas de déclaration à souscrire auprès de
l'inspection du travail |
|
Types de travaux autorisés |
Travaux légers |
|
Durée de travail |
7 heures/jours maximum 32 heures/semaine |
7 heures/jours maximum 35 heures/semaine |
|
Rémunération minimum |
80 % du SMIC = 6,62€ brut / heure |
90 % du SMIC = 7,44€ brut / heure |
L'emploi des étrangers
S’agissant de travailleurs étrangers
(hors UE), seules les personnes titulaires de l’un des titres suivants
sont autorisées à travailler en France :
- Carte de séjour temporaire portant la mention "salarié" (vérifier les
zones géographiques d’exercice et la nature des professions
autorisées)
- Carte de résidant (le titulaire a le droit d’exercer sur l’ensemble du
territoire français toute activité de son choix).
C’est l'ANAEM (l'Agence Nationale de l'Accueil
des Etrangers et des Migrations anciennement Office Migration International) qui
assure l'introduction en France de travailleurs étrangers saisonniers après
autorisation de la Direction départementale du travail.
L'introduction de saisonniers polonais suit cette
même procédure. Depuis l'adhésion de la Pologne à l'Union européenne au 1er mai
2004, des restrictions à la libre circulation des personnes ont été maintenues
durant une période transitoire. Depuis le 1er mai 2006, cette procédure a été
allégée. Par contre, l'administration du travail doit encore donner son
autorisation à l'embauche d'un saisonnier polonais et la redevance ANAEM est
toujours due. La FDSEA continue à coordonner la procédure et n'arrêtera pas de
mettre la pression tant que les derniers freins à la libre circulation des
salariés ne seront pas levés.
Par contre, la prestation de service est
libéralisée. Mais il faut être vigilant par rapport à des entreprises
qui n'ont aucune existence légale et il faut remplir un certain nombre
d'obligations. Aussi, si vous souhaitez vous lancer dans ce type de contrat
d'entreprise, n'hésitez pas à vous renseigner au préalable à la FDSEA.
S'agissant ensuite des étrangers
étudiants en france (hors UE) pour pouvoir les embaucher, ils doivent
être :
- en possession d'une carte de séjour en cours de
validité avec la mention " étudiant" ou "élève"
- et d'une promesse d'embauche.
Avec ces documents, l'étudiant étranger pourra
obtenir une autorisation de travail de la direction départementale du travail
pour la période considérée.

Faut-il déclarer les personnes embauchées ?
Tous les salariés doivent être déclarés. Seuls
les membres de la famille du chef d’exploitation séjournant à proximité de
l’exploitation sont dispensés de déclaration à condition que le concours aux
travaux ne soit qu’occasionnel et bénévole. La notion de bénévolat étant
relativement ambiguë, il convient d’interpréter prudemment cette
disposition.
Cette obligation de déclaration relève de la
législation du travail. A noter qu'en cas d'accident corporel d'un salarié non
déclaré les conséquences peuvent être très lourdes pour l'employeur.

Comment déclarer vos salariés ?
La déclaration des salariés à la MSA se fait au
moyen de la déclaration unique d’embauche (DUE), valable pour tous les salariés
ou à l’aide du TESA utilisable pour les contrats de moins de trois
mois.
Déclaration Unique
d'Embauche (DUE)
Le formulaire de déclaration unique d’embauche fait office
de :
- déclaration préalable d’embauche,
- déclaration d’embauche,
- demande d'immatriculation du salarié,
- déclaration au service de médecine du travail,
- demande d’affiliation du salarié auprès des institutions de retraite
complémentaire obligatoire,
- demande de bénéfice de taux réduits pour l'emploi d'un travailleur
occasionnel ou d'un demandeur d'emploi.
La DUE ne fait cependant pas office de contrat de
travail. Par conséquent, il est important d’établir en plus de la DUE
un contrat de travail, même pour les travailleurs saisonniers.
Pour la rédaction d'un contrat de travail, n'hésitez pas à
contacter la FDSEA.
Le formulaire de DUE est composé de 3
volets :
- volet 1 (blanc) à adresser à la MSA soit par courrier au
plus tard le dernier jour ouvrable avant l’embauche, par fax au 03.89.20.78.00
ou par internet dans les instants précèdant l’embauche,
- volet 2 (rose) à conserver par l’employeur,
- volet 3 (vert) à remettre au salarié lors de
l’embauche.
Le Titre Emploi
Simplifié Agricole
Il permet de réaliser à l'aide d'un formulaire
l'ensemble des formalités administratives d'embauche et d'emploi des salariés
sous contrat à durée déterminée de moins de 3 mois (à l'exclusion de certains
salariés saisonniers pour lesquels il faut utiliser la DUE, comme les
saisonniers étrangers et les salariés employés sous contrats spéciaux).
(lire
encadré sur le TESA).
La MSA a mis en place un service qui permet de
faire un certain nombre de déclaration en ligne accessible aux employeurs comme
la DUE, le TESA... Le site en question est : www.msa-alsace.fr

Les autres formalités à accomplir
Pour les jeunes de moins de 16 ans travaillant pendant leurs
vacances scolaires, vous devez en plus de la déclaration ci-dessus remplir en
double exemplaire le formulaire "déclaration préalable
d’embauche de jeunes de moins de 16 ans pendant les vacances scolaires".
(Voir tableau n°1).
Pour tous
les salariés permanents et saisonniers embauchés - à l’exception de ceux
déclarés avec le TESA - un contrat de travail écrit doit être établi.
L’établissement de ce dernier permettra de préciser de façon claire les
modalités d’emploi: horaires, nature de l’emploi, rémunération, congés, durée du
contrat et de la période d’essai... En cas de litige, un contrat verbal est
automatiquement assimilé à un contrat à durée indéterminé (CDI) à temps
plein.

Tableau 2 : Documents à détenir par l’employeur :
|
Type de document |
Que faut-il en faire ? |
| Documents administratifs |
Registre unique du personnel dans l'ordre des embauches |
A tenir à jour et à conserver sans limitation de durée |
| Double des bulletins de salaire |
A conserver pendant 5 ans |
| Relevé individuel des horaires hebdomadaires de travail |
A conserver pendant 12 mois |
| Déclaration d’embauche (volet 2 de la DUE) |
A conserver sans limitation de durée |
| Lettres d’observation et de mise en demeure de l’inspection
du travail |
| Fiche d’aptitude médicale délivrée par le médecin du
travail |
| Affichage |
Note sur l'ordre des départs en congé |
A afficher un mois avant le départ en congé
A conserver pendant 12 mois |
- Les horaires de travail
- Réglement intérieur (pour les entreprises de plus de 20
salariés)
- Le service de l’inspection du travail compétent
- Le service de la médecine du travail
- Les services de secours d’urgence
- La convention collective applicable
|
A afficher sur le lieu de travail (un modèle d’affiche est disponible
auprès de la FDSEA) |
| Hygiène et sécurité |
Rapport de vérification des installations électriques
établi par un vérificateur agréé |
A conserver sans limitation de durée |
| Rapport de vérification des appareils de levage |
| Carnet de contrôle de l’entretien et de l’utilisation des
tracteurs agricoles et forestiers (contrôle obligatoire tous les 2 ans) |
A conserver pendant la durée de vie du matériel |
| Carnet de contrôle de l’entretien et de l’utilisation des
arbres de transmission à cardans et de leur dispositif de protection
(contrôle obligatoire tous les 6 mois) |

Les principaux aspects de la réglementation du travail
Suite à l'enlisement des négociations collectives, et
non sans faute d'avoir tenté d'arriver à un compromis, la partie employeur
(FDSEA 67 - AVA - FDSEA 68) a décidé de dénoncer la convention collective des
exploitations agricoles d'Alsace, le 16 août 2005. En effet, cette convention
était en complet décalage avec les exploitations agricoles
modernes.
La partie employeur a déposé un nouveau projet et les
négociations sont en cours. A défaut d'accord, la convention reste applicable
durant 2 ans. Donc si aucun accord n'est trouvé pour le 16 août 2007, il y aura
maintien des avantages acquis pour les salariés embauchés avant cette date et
les autres salariés employés ultérieurement seront uniquement soumis aux
dispositions du code du travail.
Dans cet exposé nous continuerons à nous référer aux
dispositions conventionnelles.
1. Période d’essai
Lorsque vous employez un salarié, vous pouvez
prévoir une période d’essai au cours de laquelle vous pourrez vous séparer de
lui en le prévenant à l’avance. Pendant cette même période, le salarié pourra
aussi se congédier de vous.
- Pour les contrats à durée déterminée - dont les contrats pour travailleurs
occasionnels - la période d’essai ne peut excéder une durée de 1 jour par
semaine d’emploi prévu. La période d’essai est limitée à 2 semaines lorsque la
durée initialement prévue est inférieure à 6 mois et à 1 mois lorsque cette
dernière est supérieure à 6 mois.
- Pour les salariés sous contrat à durée indéterminée, la durée maximale de
la période d’essai dépend du coefficient d’embauche (voir la convention
collective des exploitations agricoles d'Alsace).
2. Durée du travail
Depuis le 1er janvier 2002, la durée légale du
travail est fixée à 35 heures par semaines pour toutes les entreprises.
a) Calcul des heures supplémentaires
Les heures effectuées au-delà de la 35ème heure
par semaine sont considérées comme des heures supplémentaires.
Elles sont majorées de:
- 25% de la 36ème à la 43ème heure incluse,
- 50% à compter de la 44ème heure.
La durée annuelle de travail pour un salarié ne peut en aucun
cas dépasser 1940 heures (exceptionnellement, 2000 heures par an et par salarié
pour les exploitations qui n'emploient qu'un seul salarié permanent, les ETA et
les CUMA).
Un repos compensateur est payé et accordé au salarié qui accomplit plus de
1860 heures de travail par an. Ce repos vient en supplément des bonifications
pour heures supplémentaires.
- De 1861 à 1900 heures= 1 jour
- De 1901 à 1940 heures= 2 jours
- De 1941 à 2000 heures= 3 jours.
b) Le nombre d'heures maximal et les repos
- Pour les salariés de plus de 18 ans, la durée
quotidienne ne peut pas dépasser 10 heures. Dans tous les cas, le nombre de jour
consécutifs durant lesquels la durée du travail excède 10 heures ne peut pas
être supérieur à 6. Par ailleurs, la durée hebdomadaire maximale est de 48
heures (avec une moyenne de 44 heures sur l'année).
Dérogation : A la demande de la
FDSEA pour un certain nombre de productions listée ci-dessous,
exceptionnellement la durée maximale hebdomadaire de travail pourra être portée
à 60 heures par salarié pendant 4 semaines, la durée maximale de travail ne
pouvant dépasser 12 heures.
| Filières |
Périodes concernées |
| Producteurs de houblon |
1er mars au 30 septembre |
| Producteurs de tabac |
1er juillet au 30 septembre |
| Maraîchers |
1er avril au 31 octobre |
| Producteurs d'asperges |
20 avril au 20 juin |
Les entreprises souhaitent bénéficier de cette
dérogation doivent informer l'inspection du travail.
- Pour les jeunes de moins de 18 ans, la durée
maximale de travail est de 7 heures par jour et de 32 à 35 heures par semaine
selon l’âge (tableau 1). Il n'y a pas de dérogation
possible.
Le salarié a droit à 11 heures consécutives de
repos quotidien et 20 minutes de repos toutes les 6 heures. Il a droit à un jour
de repos par semaine à prendre le dimanche (sauf dérogation pour le soin des
animaux par exemple).
c) Les aménagements du temps de travail
Pour les salariés sous contrat à durée
indéterminée, des solutions existent pour aménager le temps de travail
:
- Répartition de la durée du travail sur 4 ou 4,5 jours chaque
semaine,
- Travailler par cycle: par exemple, sur 2 semaines: S1: 39 h et S2:
31h,
- Sous forme de repos compensateur de remplacement: Le paiement des heures
supplémentaires est remplacé par un repos compensateur,
- Annualisation ou modulation du temps de travail: Répartition inégale de la
durée hebdomadaire de travail en fonction de la charge de l'entreprise de
telle sorte que sur l'année la moyenne de la durée hebdomadaire soit au plus
de 35 heures,
- Maintenir la durée du travail à 39 heures tout en octroyant des jours de
repos supplémentaires de telle sorte que sur l'année la durée de travail soit
en moyenne de 35 heures.
En ce qui concerne les contrats à durée
déterminée (CDD) saisonniers, un meilleur aménagement
du temps de travail plus adapté aux impératifs et aux contraintes agricoles est
possible. 3 CDD saisonniers peuvent être conclus:
- Un CDD avec des jours de repos en compensation de la réduction du temps de
travail : comme pour les contrats à durée indéterminée, le salarié travaille
39 h et les heures travaillées entre 35 et 39 sont compensées par des jours de
repos.
- Un CDD annualisé : La durée hebdomadaire moyenne est de 35 heures. Les
heures de modulation, effectuées au-delà de 35 heures, sont compensées par des
heures de repos.
- Un CDD avec un volume horaire : c’est un CDD à terme précis d’une durée
maximale de 4 mois fixant un volume total d’heures de travail que l’employeur
s’engage à rémunérer.
A noter que ces CDD saisonniers ne peuvent être utilisés pour
l'embauche de salariés saisonniers étrangers embauchés via l'ANAEM.
Pour recourir à ces nouveaux CDD saisonniers, il faut
obligatoirement insérer une clause spécifique dans le contrat de travail. Pour
tout renseignement complémentaire, vous pouvez contacter la
FDSEA.
d) Réduction de cotisations sociales patronales
dégressive Fillon
La loi Fillon a instauré une nouvelle réduction de cotisations patronales
d’assurances sociales agricoles (maladie, maternité, vieillesse, décès,
invalidité, accident du travail) et d’allocations familiales applicables aux
plus bas niveaux de rémunérations. Cet allégement de charges se substitue depuis
2003 à la réduction dégressive bas salaire et à l’allègement Aubry II. Cette
réduction est égale à 26% pour un salaire horaire égal au SMIC, puis elle
deviendra dégressive pour s'annuler à 1,7 SMIC.
3. Congés payés
- Pour les salariés occasionnels et d’une manière générale pour tous les
salarisés sous contrat à durée déterminée, les congés payés sont versés sous
forme d’une indemnité. Celle-ci est égale à 1/10ème de la rémunération brute
totale perçue par le salarié durant la période d’emploi, avantage en nature
compris.
- Depuis 1982, les salariés permanents ont droit à cinq semaines de congés
payés par an, soit deux jours et demi ouvrables par mois de travail.
4. Travail du dimanche
Tout salarié a droit chaque semaine à un repos
d’une durée minimale de 24 heures consécutives à prendre le dimanche (en plus
des 11 heures de repos quotidien).
Lorsque le travail du dimanche est indispensable
au fonctionnement de l’exploitation, le repos hebdomadaire peut être donné un
autre jour que le dimanche, sous réserve que le jour de repos tombe le dimanche
au moins une fois sur quatre.
Exception : La FDSEA a obtenu
une dérogation supplémentaire pour les travaux de récolte des asperges, du
tabac, la mise au fil et la récolte du houblon et les travaux de maraîchage.
Durant ces travaux, il peut être dérogé à la régle du repos dominical sous
réserve que le repos tombe le dimanche au moins deux fois par mois. Il faut en
informer l'inspection du travail.
Les heures de travail effectuées le dimanche
doivent être payées sur la base horaire normale majorée de 100 %.
5. Jours fériés chômés et payés
En Alsace-Moselle, les 13 jours fériés sont les
suivants:
- 1er janvier
- Vendredi Saint
- Lundi de Pâques
- 1er mai
- 8 mai
- Ascension
- Lundi de Pentecôte
|
- 14 juillet
- 15 août
- Toussaint
- 11 novembre
- Nöel
- St Etienne
|
- Le chômage des jours fériés
- Le jour férié est normalement payé s'il tombe un jour habituellement
travaillé de l'entreprise. Donc s'il tombe un dimanche, il ne sera pas payé.
- Les jours fériés chômés donnent lieu à une indemnité égale au salaire perdu
du fait du chômage des jours fériés.
- Les heures de travail perdues en raison du chômage des jours fériés ne
peuvent donner lieu à récupération.
- L'accord national sur la durée du temps de travail en agriculture précise
que le salarié est normalement payé s'il justifie d'un mois de présence dans
l'entreprise et qu'il a été présent le dernier jour précédent le jour férié et
le premier jour de travail le jour férié. sauf autorisation d'absence
préalablement accordée. Cette disposition est cumulative, le salarié doit
travailler la veille et le lendemain du jour férié, sinon il n'aura droit à
aucune rémunération pour ce jour férié chômé.
- Si le salarié à moins
d'un mois d'ancienneté à la date de survenance du jour férié chômé, l'employeur
doit lui verser une indemnité plafonnée à 3% du montant total du salaire payé.
L'employeur peut demander à ses salariés de travailler un jour férié, la
convention collective des exploitations agricoles d'Alsace prévoit alors que son
salaire sera majoré de 100%.
Le travail du dimanche et jours fériés en fermes auberges et dans des
activités de vente à la ferme. Le tourisme à la ferme, la vente de
produits fermiers sont des créneaux qui se développent beaucoup. A ce titre, la
majoration de 100 % pour travail du dimanche et jours fériés était
disproportionnée car ces agriculteurs sont souvent en concurrence directe avec
d’autres catégories professionnelles comme les restaurateurs qui ont des
dispositions sociales plus avantageuses sur ce point.
- Le personnel
travaillant le dimanche et les jours fériés dans les fermes auberges doit être
rémunéré sur la base minimum du coefficient 110 et percevoir une majoration de
15 % pour les heures faites le dimanche et les jours fériés.
- Le personnel
travaillant habituellement le dimanche et les jours fériés à des activités de
service, hors production telles que la vente de produits majoritairement issus
de l’exploitation, l’accueil dans les exploitations labellisées « bienvenue à la
ferme » doit percevoir une majoration horaire de 25 % (au lieu de 100 % jusqu’à
présent.)
La profession souhaite aussi assouplir la majoration de 100% pour
le secteur de la production agricole.
Pour ce qui est de la journée de solidarité en faveur de l'autonomie des
personnes âgées, à défaut d'accord collectif ou d'entreprise contraire, elle est
fixée au lundi de Pentecôte.
Le salaire et la fiche de paie
L’établissement de la fiche de paie est
obligatoire pour tous les salariés lors de chaque paiement du salaire et au
moins une fois par mois dans les 5 jours ouvrés qui suivent la fin de mois
civil. La fiche de paie doit être établie sur la base des heures notées sur le
relevé individuel des horaires hebdomadaires de travail. L’association Germa est
à votre disposition pour réaliser vos fiches de paie (lire encadré sur Germa).
La rémunération minimum est le SMIC. Sa valeur
actuelle est de 8,27 €/heures. Il est généralement revu au 1er juillet de
chaque année.
Il faut néanmoins tenir compte de la
qualification du salarié telle que prévue dans la convention collective pour
définir le coefficient d’embauche (tableau 2).
Suite à l'augmentation du SMIC de 3,5% au
01/07/06 (de 8,03 €à 8,27 € brut de l'heure) les coefficients 105, 110, 115 et
120 ont été rattrapés et sont au niveau du SMIC.
Tableau 3: grille de salaire (Salaire horaire
brut en euros)
| Coefficient |
Salaire au 01/07/06
Base convention collective |
| Coefficient 100 = SMIC |
8,27 |
| Coefficient 105 |
8,27 |
| Coefficient 110 |
8,27 |
| Coefficient 115 |
8,27 |
| Coefficient 120 |
8,27 |
| Coefficient 130 |
8,61 |
| Coefficient 135 |
8,94 |
| Coefficient 140 |
9,27 |
| Coefficient 145 |
9,61 |
| Coefficient 180 |
11,92 |
| Coefficient 250 |
16,56 |
Il est par ailleurs prévu des abattements pour
les salariés de moins de 18 ans. Les salaires minimums sont ainsi de :
- 80 % du SMIC pour les jeunes de moins de 17 ans, soit 6,62 € brut /
heure.
- 90 % du SMIC pour les jeunes de 17 à 18 ans, soit 7,44 € brut /
heure.
Les avantages en nature
Si le salarié bénéficie d’avantages en nature (nourriture, logement...) ces
derniers doivent être intégrés dans la paie qu’ils soient accordés à titre
onéreux ou à titre gratuit.
1) Les avantages en nature accordés à titre onéreux
L’employeur peut déduire du salaire net les valeurs suivantes définies par la
convention collective des exploitations agricoles d’Alsace :
- Repas : 7,93 € par jour ou 3,97 € par repas
- Logement : 25,36 € par mois.
Si l’employeur souhaite déduire la valeur réelle des repas, il doit pouvoir
justifier le montant (facture du traiteur …) et indiquer le montant déduit dans
le contrat de travail.
2) Les avantages en nature accordés à titre gratuit
Même lorsque l’employeur souhaite offrir le repas ou le logement à son
salarié, cet avantage doit être soumis à cotisation sociale. La valeur des
avantages en nature accordés à titre gratuit est évaluée de manière réelle ou
forfaitaire.
Valeurs forfaitaires au 1er janvier 2007 :
Repas : 4,20 € par repas ou 8,40 € par jour
Logement :
|
Rémunération mensuelle brute |
<1341 € |
1341,01 à 1609,19 € |
1609,20 à 1877,39 € |
1877,40 à 2413,79 € |
2413,80 à 2950,19 € |
2950,20 à 3486,59 € |
3486,60 à 4022,99 € |
>4023 € |
| Avantage en nature pour 1 pièce |
60 |
70 |
80 |
90 |
110 |
130 |
150 |
170 |
| Si plusieurs pièces, avantage en nature par pièce principale |
32 |
45 |
60 |
75 |
95 |
115 |
140 |
160 |
Le montant des avantages en nature sera inclus dans le salaire brut total
soumis à cotisations sociales. Et ce même montant sera ensuite déduit du salaire
net à payer.

Que faire en cas d’accident ou de maladie de votre salarié
?
1. Maladie
Votre salarié doit renvoyer les volets 1 et 2 de
l’arrêt de travail délivré par son médecin traitant à la MSA dans les 48
heures suivant l’arrêt, le 3ème volet est destiné à l’employeur.
L’employeur doit quant à lui remplir le
formulaire Attestation délivrée par l’employeur pour le
règlement des indemnités journalières de maladie et le remettre au
salarié ou le renvoyer lui-même à la MSA.
Les formulaires maladie sont disponibles auprès
de la MSA.
2. Accident
Si votre salarié est victime d’un accident du
travail, il devra déclarer l'accident à son employeur dans les 24 heures sauf
cas de force majeure. L'employeur doit déclarer cet accident dans les 48 heures
à la Caisse d'Assurance Accidents Agricole (CAAA)
L'employeur devra aussi :
- Remettre au salarié accidenté une feuille de soins d’accident de
travail pour lui éviter de faire l’avance des frais,
- Adresser à la CAAA dans les 3 jours la déclaration
d’accident,
- En cas d’arrêt de travail du salarié, joindre à la déclaration d’accident
une attestation des salaires bruts versés,
- Lors de la reprise du travail, adresser à la CAAA, une attestation de
reprise du travail.
Les formulaires sont disponibles auprès de la
CAAA.
Fin de contrat
Lorsque votre salarié quitte définitivement son
emploi, vous devez déclarer à la MSA son départ au moyen du formulaire
déclaration de sortie.
Pour les travailleurs occasionnels, il suffit de
mentionner la date de sortie sur la déclaration trimestrielle de main d’oeuvre.
Il faut par ailleurs remettre au salarié :
- Un certificat de travail précisant les dates d’entrée et de sortie
ainsi que la nature de l’emploi occupé,
- Une attestation ASSEDIC qui lui permettra d’exercer ses droits aux
prestations chômage
- Le dernier bulletin de paie mentionnant le dernier salaire ainsi que
toutes les indemnités.
L'employeur peut quant à lui demander à son
salarié au moment de la résiliation du contrat de travail un reçu pour
solde de tout compte. (facultatif)
Remarque : Pour les contrats à durée
déterminée autres que les contrats de travaux saisonniers en agriculture
bénéficiant des taux réduits, l'employeur est tenu de verser au salarié en fin
de contrat une indemnité de fin de contrat équivalente à 10% de la totalité des
salaires perçus.

Les adresses :
FDSEA du Bas-Rhin : Pascale Wilhelm -
Maison de l'agriculture - 2 rue de Rome - 67300 Schiltigheim
Tél :
03.88.19.17.67 - Fax : 03.88.19.17.68
Caisse d'Assurance Accidents Agricole du
Bas-Rhin - 2 rue de Rome - BP 20021 - 67013 Strasbourg Cedex
Tél.:
03.88.19.55.19 - Fax : 03.88.19.55.18
MSA du Bas-Rhin : 10, rue Sainte
Marguerite - 67099 Strasbourg Cedex
Tél : 03.88.81.75.75 Fax :
03.88.81.75.27
SDITEPSA : Service Départemental de
l’Inspection du Travail de l’Emploi et de la Politique Sociale Agricole -
Cité administrative - 14, rue du Maréchal Juin - 67084 Strasbourg Cedex
Tél :
03.88.76.76.60 - Fax : 03.88.76.76.64
DDTEFP : Direction départementale du
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