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  7/7/2008
  Nous devons sortir l’herbe du second pilier

La révision de la PAC, qui se déroulera sous présidence française, doit absolument être l'occasion de redonner du sens et de la légitimité à la Pac et permettre à l'élevage herbager de retrouver de la compétitivité par l'instauration d'un soutien économique aux prairies. Les éleveurs herbagers demandent un soutien économique à l'herbe, afin de pouvoir la sortir des mesures agro-environnementales qui s'ajoutent constamment comme des contraintes supplémentaires. Ils attendent aussi la revalorisation nécessaire de l'ICHN et demandent un soutien de l'élevage allaitant, notamment ovin.

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Jacques Chazalet
Vice-président de la FNSEA

Nous devons sortir l’herbe du second pilier

 

Plus de 500 agriculteurs herbagers se sont retrouvés à Lempdes, dans le Puy-de-Dôme, le 17 juin, pour réfléchir à la politique de l'herbe à défendre dans le cadre du bilan de santé de la PAC. Jacques Chazalet revient sur les débats de cette forte journée de mobilisation.

 

- Interview –

 

- Que préconisent les agriculteurs herbagers à l'issue de cette journée du 17 juin, dans le cadre du bilan de santé de la PAC ?

Jacques Chazalet : Il faut réhabiliter la production de l'herbe dans un schéma économique, nous demandons un soutien économique à l'herbe, nous devons la sortir du second pilier, c'est-à-dire la sortir des mesures agro-environnementales (MAE) qui s'ajoutent constamment comme des contraintes supplémentaires.

Deuxièmement, et pour permettre ce soutien économique, il faut utiliser tous les outils proposés dans le bilan de santé. Nous avons en particulier discuté de la revalorisation nécessaire de l'ICHN (indemnité compensatoire de handicap naturel, ndlr). La promesse d'Hervé Gaymard (ancien ministre de l'Agriculture, ndlr) de revaloriser de 50 % les 25 premiers hectares ICHN, n'a toujours pas été honorée.

En outre, il faut soutenir l'élevage allaitant, notamment ovin, afin que ce dernier ait à l'UGB la même compensation que l'UGB bovin allaitant. Nous défendons l'aide de 30 euros par brebis, une revendication portée par la Fédération nationale ovine (FNO).

Nous attendons enfin la conférence sur le revenu prévue à l'automne au ministère de l'Agriculture, pour apporter des réponses durables à ces problèmes structurels. Ils nourrissent un débat récurrent chez les éleveurs du Massif Central, retraduit plus globalement dans le Livre blanc du Massif Central (présenté par les éleveurs lors du dernier Sommet de l'élevage de Clermont-Ferrand, ndlr). Ce Livre prône une refonte de la PAC autour de la gestion des marchés et de la flexibilité financière, de la gestion des risques, d'une meilleure prise en compte de l'herbe, de l'élevage allaitant et du handicap naturel, et enfin autour de l'innovation.

- Face à la hausse du coût de l'énergie, les récentes annonces de Michel Barnier vous semblent-elles suffisantes ?

J. C. : Là encore, nous attendons le rendez-vous de la conférence sur le revenu afin de faire un véritable bilan de la hausse des charges et des coûts de production, et de ses conséquences sur le revenu des producteurs. Cette conférence devrait se tenir avant le Sommet de l'élevage, début octobre.

- Où en est votre dialogue avec les céréaliers concernant la solidarité inter-filières face à la hausse du coût de l'alimentation animale ?

J. C. : Il ne s'agit pas de rééquilibrer les aides par rapport à la répartition de ces dernières mais par rapport aux fonctions de production de l'agriculture. Tous les systèmes de production ont besoin de lisibilité. Je comprends les céréaliers qui ne veulent pas de modification de la situation actuelle tant qu'ils n'ont pas connaissance du nouveau système attendu dans le cadre du bilan de santé. Nous ne défendons pas l'approche d'un montant premier pilier à répartir égalitairement, ce qui est la vision de la Commission européenne. L'égalité n'est pas l'équité. Nous souhaitons, la FRSEA Massif Central, la FNSEA, des dispositifs qui permettent à toutes les exploitations agricoles d'avoir un système de gestion des marchés et de sécurisation du revenu. En fait, bénéficier d'aides quand le prix diminue, et on réduit les soutiens quand le prix augmente.

La question est aussi de savoir comment on peut, en France, mettre en place un tel système qui soit à la fois euro-compatible et permette de la flexibilité afin de sécuriser le revenu des éleveurs. Car un tel système est contre la logique du découplage prônée par la Commission. Il signifie plutôt qu'on re-couple, il signifie qu'il faut faire du stockage public pour casser la spéculation, donc réhabiliter l'intervention.

 

Interview réalisée par Actuagri

 



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