L’année 2009 sera une
année noire pour les agriculteurs français. Des récoltes plutôt satisfaisantes
qui pouvaient augurer d’un revenu correct, ne sont pas au rendez-vous avec les
prix, et ce, quels que soient les secteurs de production.
A tel point que la
liste des productions qui se portent bien est désormais bien plus courte que
celle des productions en difficulté. Lait, fruits et légumes, viticulture,
viande bovine, viande porcine, lapins, ovins, céréales : peu de filières
échappent à une crise sans précédent depuis une trentaine d’années. Dès le mois
d’avril, le problème laitier s’est posé, avec une intensité alarmante. Puis,
telle une tâche d’huile, la crise s’est étendue à l’ensemble du
secteur.
En juin, notre combat
sur la transparence des marges a marqué une étape supplémentaire avec la mise en
place d’un observatoire et de travail concret dans les régions. C’est un travail
de longue haleine. Comme celui de la remise en place d’une véritable politique
agricole commune faite de régulation, d’harmonisation et d’organisation des
producteurs.
Notre priorité pour
2009, c’est la défense du revenu, revenu lourdement grevé par les charges
françaises : des mises aux normes toujours plus exigeantes, une traçabilité
toujours plus coûteuse, des 35 heures encore plus pénalisantes au regard de nos
voisins européens, une taxe carbone comme menace. C’est pourquoi nous demandons
une année blanche pour tous.
Arrêtez de charger la
barque ! On ne peut pas continuer à nous demander plus d’efficacité tout en
chargeant la barque de nouvelles contraintes. Nous en constatons le triste
résultat : aujourd’hui, aucune filière n’échappe à la crise. Nous ne
demandons pas un retour en arrière mais nous devons faire comprendre à nos
dirigeants qu’ils doivent assumer leurs responsabilités et les politiques qu’ils
ont décidées ! Nous en appelons à une conférence sur le revenu. L’Etat doit
prendre toutes ses responsabilités.
Ces revendications
ressenties par tous les paysans doivent être portées par tous les paysans. Parce
que seuls les combats non menés sont perdus d’avance : nous nous
mobiliserons en masse le 16 octobre pour déclencher un accompagnement fort de
l’Etat. Monsieur Sarkozy, l’agriculture mérite autant que le secteur bancaire ou
automobile. Notre agriculture a un prix : celui d’une année blanche pour
2009.
Déterminés nous le
sommes, mobilisés nous le serons le 16 octobre. Déterminés nous le resterons
jusqu’à ce que notre année noire soit compensée par une véritable année blanche
pour nos exploitations.