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63ème congrès de la
FNSEA Poitiers 31
mars, 1er et 2 avril 2009 |
Interventions des sections sociales |
Discours de Claude Berger,
Président de la Section
Nationale des Anciens Exploitants
* * *
Mesdames, Messieurs,
chers agriculteurs, actifs et retraités,
Le congrès de Nantes en2008
a été, pour la SNAE, le premier congrès FNSEA où le
problème des retraites agricoles a été clairement posé.
Le Président Jean-Michel
Lemétayer, devant le Président de la République, a dénoncé avec force la
faiblesse des retraites agricoles et en particulier la situation des veuves et
conjoints.
Nicolas Sarkozy, dans son
intervention, s'était alors engagé à apporter des solutions pour " éliminer
les poches de pauvreté " selon ses propres termes.
Comme les
promesses n'engagent que ceux qui les écoutent, la SNAE a continué de mettre
la
pression. C'est ainsi que lors des manifestations à
Clermont-Ferrand et à Dijon du 28 avril 2008, ou lors de toutes les rencontres
des sections départementales avec leurs préfets, les Anciens – nous – avons
exigé que les promesses de Nicolas Sarkozy se traduisent sur le terrain
rapidement.
Nous avons bien noté que les
Présidents de FDSEA ou FRSEA ont toujours été présents à ces rendez-vous. Qu'ils
en soient très publiquement, aujourd'hui, remerciés. Cela démontre aussi que le
combat des retraites est également celui des actifs.
Et puis
l'été est passé ! Il a fallu attendre septembre pour que le Premier
Ministre, profitant du SPACE, annonce des mesures de revalorisation pour les
retraités de l'Agriculture. Des chiffres ont été précisés par François
Fillon : pas de retraite à moins de 633€/mois pour les chefs
d'exploitations et les veufs et 503€ pour les conjoints. Ces mesures prenaient
effet au 1er janvier 2009.
Les mois ont passé et les
décrets ne sont sortis qu'au 13 février dernier. Les caisses de MSA ne les
avaient pas attendus : informées des contraintes et des exigences imposées,
elles avaient envoyé des questionnaires à tous les retraités non salariés
agricoles susceptibles de bénéficier de ces mesures.
Cela a engendré beaucoup de
papier, beaucoup de travail, beaucoup d'interrogations sur le
terrain.
Aujourd'hui on peut dire que
les résultats sont décevants – je dirais même scandaleux – par rapport aux
annonces faites par le Premier Ministre.
A cause de critères définis
par les décrets d'application, critères sortis des bureaux de Bercy, les
revalorisations des retraites pour 2009 laissent encore de profondes injustices.
Dès que
la SNAE et les
SDAE ont eu quelques informations sur les résultats des calculs et les chiffres
récoltés par la MSA, les réactions ont été nombreuses sur
tout le territoire, avec des remontées au Ministère par préfets et
parlementaires interposés, interpellés à des rendez-vous ou par
courrier.
Lors de
son déplacement en Maine et Loire, le 19 février, le Président de la République
a introduit dans son discours un paragraphe concernant les retraites ; il a
notamment déclaré : " Dès 2009,
j'ai décidé d'augmenter le minimum vieillesse de 6,9% et de mettre en place
un véritable filet de sécurité pour
les 230.000 retraités les plus modestes, dont la carrière en agriculture
a été incomplète. (...) "
Voici une déclaration qui
alimente, à la SNAE, nos arguments : aucune retraite, même à carrière
incomplète, ne doit se situer à moins des 633 ou 503€ cités plus haut !
La SNAE demande avec
beaucoup d'insistance au Président de la FNSEA de rappeler à François Fillon que
ses engagements ne sont pas tenus, et que malgré ce discours de Nicolas Sarkozy
à Angers, les retraités de l'Agriculture et en particulier les veufs et
conjoints attendent toujours. Qu'en est-il de la justice et de
la reconnaissance de la nation pour leurs carrières, ô combien bénéfiques pour
notre pays.
De même
nous venons d'apprendre la revalorisation des pensions de 1% au 1er
avril 2009. Pour des personnes qui
touchent moins de 200€ par moins, cela est ridicule et inacceptable !
La table ronde qui va
aborder à cet après-midi la protection sociale agricole doit être l'occasion
pour nous tous, actifs ou retraités, de dégager de grandes orientations pour
l'avenir.
Nous les Anciens, qui avons
connu la mise en place de notre régime de protection sociale, nous y restons
très attachés. La proximité, le guichet unique, la prévention sont autant
d'atouts qui militent pour conserver nos caisses départementales ou
interdépartementales. Nous aurons l'occasion en 2010, année d'élections, de
confirmer massivement notre attachement à notre régime agricole. Nos SDAE se
mobiliseront au maximum à ce sujet.
D'ailleurs, notre Assemblée
générale des 17 et 18 mars derniers a été l'occasion de renforcer encore notre
position. Les quelques 220 délégués présents ont approuvé la motion qui
mentionne cet aspect et l'ont votée à l'unanimité !
Nous devons profiter de
cette tribune pour faire appel à tous les Présidents de FDSEA pour qu'ils
apportent leur soutien aux SDAE. Soutien moral bien sûr, nous
l'avons bien souvent déjà. Mais sans moyen d'animation ou financier, il est très
difficile de faire vivre et de dynamiser une SDAE.
N'oubliez pas que les
Anciens sont la mémoire de nos organisations, qu'ils représentent un potentiel
énorme d'adhérents et donc de cotisations.
Les sections des Anciens
sont aussi bien à l'origine de nombreuses réunions d'informations, sur des
sujets variés, qu'ils sont présents et actifs lors de manifestations agricoles
et/ ou actions syndicales.
Les
Anciens sont enfin les garants de l'unité professionnelle. Ils ont vécu, eux
aussi des turbulences à ce sujet. Si la FNSEA est encore là et toujours aussi
forte, c'est qu'ils ont su dépasser les
intérêts privés de telle ou telle production pour défendre et promouvoir une
agriculture solidaire et reconnue économiquement sur tout le
territoire.