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  21/4/2009
  Discours du Président de la Section Nationale des Anciens Exploitants au 63ème Congrès


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63ème congrès de la FNSEA
Poitiers
31 mars, 1er et 2 avril 2009

Interventions des sections sociales

 

Discours de Claude Berger,
Président de la Section Nationale des Anciens Exploitants

 

* * *

Mesdames, Messieurs,
chers agriculteurs, actifs et retraités,

Le congrès de Nantes en2008 a été, pour la SNAE, le premier congrès FNSEA où le problème des retraites agricoles a été clairement posé.

Le Président Jean-Michel Lemétayer, devant le Président de la République, a dénoncé avec force la faiblesse des retraites agricoles et en particulier la situation des veuves et conjoints.

Nicolas Sarkozy, dans son intervention, s'était alors engagé à apporter des solutions pour " éliminer les poches de pauvreté " selon ses propres termes.

Comme les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent, la SNAE a continué de mettre la pression. C'est ainsi que lors des manifestations à Clermont-Ferrand et à Dijon du 28 avril 2008, ou lors de toutes les rencontres des sections départementales avec leurs préfets, les Anciens – nous – avons exigé que les promesses de Nicolas Sarkozy se traduisent sur le terrain rapidement.

Nous avons bien noté que les Présidents de FDSEA ou FRSEA ont toujours été présents à ces rendez-vous. Qu'ils en soient très publiquement, aujourd'hui, remerciés. Cela démontre aussi que le combat des retraites est également celui des actifs.

Et puis l'été est passé ! Il a fallu attendre septembre pour que le Premier Ministre, profitant du SPACE, annonce des mesures de revalorisation pour les retraités de l'Agriculture. Des chiffres ont été précisés par François Fillon : pas de retraite à moins de 633€/mois pour les chefs d'exploitations et les veufs et 503€ pour les conjoints. Ces mesures prenaient effet au 1er janvier 2009.

Les mois ont passé et les décrets ne sont sortis qu'au 13 février dernier. Les caisses de MSA ne les avaient pas attendus : informées des contraintes et des exigences imposées, elles avaient envoyé des questionnaires à tous les retraités non salariés agricoles susceptibles de bénéficier de ces mesures.

Cela a engendré beaucoup de papier, beaucoup de travail, beaucoup d'interrogations sur le terrain.

Aujourd'hui on peut dire que les résultats sont décevants – je dirais même scandaleux – par rapport aux annonces faites par le Premier Ministre.

A cause de critères définis par les décrets d'application, critères sortis des bureaux de Bercy, les revalorisations des retraites pour 2009 laissent encore de profondes injustices.

Dès que la SNAE et les SDAE ont eu quelques informations sur les résultats des calculs et les chiffres récoltés par la MSA, les réactions ont été nombreuses sur tout le territoire, avec des remontées au Ministère par préfets et parlementaires interposés, interpellés à des rendez-vous ou par courrier.

Lors de son déplacement en Maine et Loire, le 19 février, le Président de la République a introduit dans son discours un paragraphe concernant les retraites ; il a notamment déclaré : " Dès 2009, j'ai décidé d'augmenter le minimum vieillesse de 6,9% et de mettre en place un véritable filet de sécurité pour les 230.000 retraités les plus modestes, dont la carrière en agriculture a été incomplète. (...) "

Voici une déclaration qui alimente, à la SNAE, nos arguments : aucune retraite, même à carrière incomplète, ne doit se situer à moins des 633 ou 503€ cités plus haut !

La SNAE demande avec beaucoup d'insistance au Président de la FNSEA de rappeler à François Fillon que ses engagements ne sont pas tenus, et que malgré ce discours de Nicolas Sarkozy à Angers, les retraités de l'Agriculture et en particulier les veufs et conjoints attendent toujours. Qu'en est-il de la justice et de la reconnaissance de la nation pour leurs carrières, ô combien bénéfiques pour notre pays.

De même nous venons d'apprendre la revalorisation des pensions de 1% au 1er avril 2009. Pour des personnes qui touchent moins de 200€ par moins, cela est ridicule et inacceptable !

La table ronde qui va aborder à cet après-midi la protection sociale agricole doit être l'occasion pour nous tous, actifs ou retraités, de dégager de grandes orientations pour l'avenir.

Nous les Anciens, qui avons connu la mise en place de notre régime de protection sociale, nous y restons très attachés. La proximité, le guichet unique, la prévention sont autant d'atouts qui militent pour conserver nos caisses départementales ou interdépartementales. Nous aurons l'occasion en 2010, année d'élections, de confirmer massivement notre attachement à notre régime agricole. Nos SDAE se mobiliseront au maximum à ce sujet.

D'ailleurs, notre Assemblée générale des 17 et 18 mars derniers a été l'occasion de renforcer encore notre position. Les quelques 220 délégués présents ont approuvé la motion qui mentionne cet aspect et l'ont votée à l'unanimité !

Nous devons profiter de cette tribune pour faire appel à tous les Présidents de FDSEA pour qu'ils apportent leur soutien aux SDAE. Soutien moral bien sûr, nous l'avons bien souvent déjà. Mais sans moyen d'animation ou financier, il est très difficile de faire vivre et de dynamiser une SDAE.

N'oubliez pas que les Anciens sont la mémoire de nos organisations, qu'ils représentent un potentiel énorme d'adhérents et donc de cotisations.

Les sections des Anciens sont aussi bien à l'origine de nombreuses réunions d'informations, sur des sujets variés, qu'ils sont présents et actifs lors de manifestations agricoles et/ ou actions syndicales.

Les Anciens sont enfin les garants de l'unité professionnelle. Ils ont vécu, eux aussi des turbulences à ce sujet. Si la FNSEA est encore là et toujours aussi forte, c'est qu'ils ont su dépasser les intérêts privés de telle ou telle production pour défendre et promouvoir une agriculture solidaire et reconnue économiquement sur tout le territoire.

 



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