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63ème congrès de la
FNSEA Poitiers 31
mars, 1er et 2 avril 2009 |
Interventions des sections
sociales |
Discours de Michel de Beaumesnil,
Président de la Section nationale des
Propriétaires ruraux
* * *
Monsieur le
président,
Mesdames et Messieurs les représentants des
FDSEA/UDSEA,
La SNPR a
marqué, ces dernières années, son attachement au territoire rural et à
l'activité agricole.
Je citerai :
- le groupe
" littoral " de la FNSEA impulsé par nos travaux et notre
souci de maintenir l'agriculture dans les zones à forte pression foncière,
- la participation de
la SNPR à la
préparation du colloque foncier. Ce colloque a donné lieu à la signature d'une
déclaration d'intention entre la FNSEA et les collectivités
territoriales.
60 000
hectares de terres agricoles disparaissent
chaque année !
Ce constat alarmant pour
l'agriculture nous conduit à nous interroger et à nous engager aux cotés des
agriculteurs.
Nous engager, parce que nous
souhaitons conserver la destination de nos terres à l'agriculture et apporter le
foncier au bénéfice de l'agriculture, sans aucun doute.
Mais cette démarche
positive, au bénéficie de l'agriculture, doit trouver des contreparties.
Aujourd'hui, quelle est la
situation du propriétaire bailleur ?
-
le prix des terres agricoles est un des plus
faible d'Europe occidentale : 30000 euros l'ha en Hollande, 23000 en
Espagne, contre 4.000 euros chez nous
-
les impôts fonciers ne cessent d'augmenter
alors que dans beaucoup de pays voisins, il y en a peu ou pas, comme en
Italie
-
le coût des assurances devient si élevé que
l'on se pose la question de l'intérêt de s'assurer
-
la rentabilité des locations est
faible : et de nouveau, si l'on compare avec les pays frontaliers, nous
ne perdrions pas au change, loin de là.
-
le foncier n'est pas disponible. Le marché
des terres louées est quasi inexistant. Lorsque la vente est possible, elle
subit un dégrèvement suffisamment fort pour nous décourager
-
Nos territoires sont l'objet de nombreux
zonages, tels que Natura 2000, Znief, et dernièrement la perspective des
trames bleues et vertes, qui pourrait s'avérer très
contraignante.
Tous ces éléments concourent
à l'artificialisation galopante des terres agricoles :
Comment résister à la
tentation quand dans la balance, ce qui pèse en faveur de l'agriculture ne fait
pas le poids ? Comment résister à des valeurs de 10 à 100 fois
supérieures ?
Nous cherchons des freins à
ce processus.
Nous proposerons des
solutions lors de la prochaine AG des propriétaires à Reims le 14 mai prochain,
comme :
-
Une refonte du droit de l'urbanisme et de
l'aménagement,
-
Une meilleure rentabilité des baux :
les maxima et minima doivent être le reflet du marché
-
Des incitations fiscales (ISF, TFNB). Pour
l'ISF : exonération pour tous les baux à long terme. Pour les revenus
relevant du régime du micro foncier : une exonération du RSA
-
Les minima et maxima doivent être une
véritable référence par rapport au marché pratiqué
..... Autant de pistes
déjà explorées, mais jamais mise en pratique
Il y a d'autres solutions,
mais pour être efficace, il faudrait que la loi fasse
obligation :
-
de recourir aux terres
agricoles seulement après utilisation des friches industrielles
ou urbaines, ou après réhabilitation du bâti délaissé...les
constructeurs sont plus enclins à acheter des hectares pour étaler leur
bâti, plutôt que de rechercher des constructions en hauteur ; par exemple
il n'y pratiquement pas de parking de grande surface en
étages.
Quant à la fiscalité locale,
elle doit être incitative et non pas dissuasive :
-
Comme peut l'être : la taxe
" Borloo " qui institue une taxe forfaitaire sur la cession de
terrains nus rendus constructibles du fait de leur classement dans un document
d'urbanisme.
-
ou comme peuvent l'être, les bases
cadastrales, actuellement, complètement déconnectées de la valeur locative
qu'elles sont sensées exprimer. Plusieurs intervenants, hier, ont fait état de
leur obsolescence.
Nous comptons sur vous
présidents de FDSEA :
Et
sur ce point, un sujet me fâche :
A l'occasion du congrès
de la
SNFM, les fermiers ont demandé aux FDSEA /UDSEA de présenter à
leurs adhérents une pétition visant à renforcer le contrôle des
structures : Ils veulent revenir à un système d'autorisation dans le cadre
de la reprise des biens familiaux.
Il s'agirait d'un retour en
arrière, un retour à un contrôle archaïque, sévère et injuste. Ce système a
conduit à des dérives : l'impossibilité de mettre en valeur notre propre
bien au profit d'un tiers.
Il est aberrant de soutenir
qu'une telle reprise porte atteinte à l'emploi, alors que l'exploitant, quel
qu'il soit, se trouve dans les mêmes conditions pour faire appel au
salaria.
Les conditions de reprise
d'un bien familial sont suffisamment encadrées pour justifier de la capacité et
du sérieux du bénéficiaire.
Ne détournons pas l'objectif
de l'outil de régulation du foncier, qu'est le contrôle des
structures.
Il est légitime et juste
pour une famille de conserver une propriété, d'assurer son usage et d'éviter la
dispersion des biens qui la composent. Ne revenons pas sur l'assouplissement
convenu par la loi de 2006.
Cette précision faite, je voudrais
mettre en avant nos travaux conjoints avec les fermiers car nous avons avancé, ensemble, avec nos divergences et nos
convergences, sur beaucoup de dossiers.
Il a été convenu entre
la
Confédération des Centres Equestres - et je voudrais remercier
son président - la SNFM et la SNPR, un
accord pour que les fourchettes encadrant les minima et les maxima soient les
plus larges possibles pour correspondre à la réalité du marché des locations
équestres actuel. Les centres équestres fonctionnent essentiellement en
fonction de la clientèle.
Enfin, SNPR et SNFM ont un enjeu commun à préparer dans les mois à
venir : " Etre présent dans tous les TPBR "
Pour ouvrir la
préparation des élections aux TPBR qui auront vraisemblablement lieu fin janvier
2010, la
SNPR a
édité un numéro spécial de sa lettre mensuelle d'information. 2009 sera l'année de la mobilisation sur
le terrain pour dresser les listes d'électeurs, aller à leur rencontre, leur
expliquer l'action de la
SNPR, le rôle des TPBR et l'intérêt d'être jugés par leurs
pairs en cas de conflits, et présenter des candidats. Des documents
d'informations et des supports de communication seront diffusés à cet effet tout
au long de l'année.
Je demande donc une forte
mobilisation :
Une mobilisation de nos
FDSEA
De nos sections
sociales : SNPR bien sur, mais aussi, avec l'aide de deux autres sections
sociales : SNFM pour nous aider à rechercher les bailleurs, et SNAE pour
s'inscrire sur les listes d'électeurs
De nos présidents et
directeurs départementaux et régionaux : la SNPR
impulsera des réunions régionales sous réserve bien entendu de votre
participation.
Nous comptons sur vous et je
vous en remercie