Bonnes pratiques agricoles : concilier impératif écologique et performance économique

Retour Partager sur facebook Partager sur tweeter Imprimer l'article
Envoyer l'article par e-mail

Envoyer cet article par mail

Fermer

250 signes(s) restant(s)

 

* champs obligatoires

Les initiatives des agriculteurs

Face au défi environnemental, les agriculteurs ont su adapter leurs pratiques au fil des années pour préserver les milieux naturels qui les entourent. L'agriculture n'est pas une activité comme les autres : elle entretient des liens privilégiés avec la biodiversité.

Conscients de la nécessité de préserver ces richesses, les agriculteurs poursuivent leurs efforts pour concilier impératif écologique et performance économique. Selon les spécificités géographiques, les agriculteurs ont développé certaines pratiques plus favorables aux milieux naturels et à la biodiversité : l'optimisation des intrants, le maintien des infrastructures agro-environnementales et le développement de pratiques culturales respectueuses de l'environnement.

 

  • Première initiative des agriculteurs : l'optimisation des intrants (phytosanitaires et engrais) permet de limiter l'impact de la production agricole sur les milieux naturels. Tout en réduisant sa consommation d'eau, de fertilisants et de produits phytosanitaires par hectare, l'agriculture a amélioré la productivité et la qualité de ses produits. L'innovation, la recherche, l'amélioration des connaissances sur les besoins des plantes sont des facteurs déterminants pour les agriculteurs. Utiliser les intrants au plus près des besoins des cultures permet de préserver les milieux naturels des pollutions diffuses en veillant tout autant à maîtriser les coûts de production.
  • Deuxième initiative des agriculteurs : le maintien des infrastructures agro-écologiques. Par le maintien des espaces cultivés sur l'ensemble du territoire, les agriculteurs entretiennent les paysages et les « habitats » naturels de la faune et de la flore sauvage. Haies, talus, bosquets, bords des champs, arbres isolés, etc. - qui constituent ce qu'on appelle les infrastructures agro-écologiques - abritent une biodiversité d'une étonnante richesse. Ces éléments permettent de maintenir des continuités écologiques sur le territoire national (trame verte et bleue) et offrent nourriture et refuge à de nombreuses espèces. Les infrastructures agro-écologiques limitent l'érosion des sols : grâce à elles, la terre végétale n'est plus entraînée lors des fortes pluies.  Les bandes de terres enherbées, près des ruisseaux par exemple, hébergent les insectes pollinisateurs, les oiseaux mais également le petit gibier. De plus, elles préservent les cours d'eau des pollutions diffuses.
  • Troisième initiative des agriculteurs : les bonnes pratiques culturales. La matière organique est un élément vital d'un sol productif et respectueux des équilibres écologiques. Il faut éviter son appauvrissement. Pour cela, les agriculteurs ont appris à diversifier leurs assolements, à implanter des intercultures ; ils ne brûlent plus les résidus de culture nécessaires au renouvellement de cette matière organique, mais au contraire les recyclent dans le sol. En élevage, l'entretien et le maintien des prairies constituent également des bonnes pratiques agricoles. C'est d'ailleurs pourquoi, les éleveurs d'ovins et de bovins sont incités par l'Union Européenne à maintenir les prairies permanentes, habitats naturels de nombreuses espèces végétales et animales.

Inscrire les exploitations agricoles dans une croissance durable

Une cause commune : une agriculture de production insérée dans l'économie et qui maintient des milieux naturels ouverts à la petite faune sauvage.

La FNSEA plaide pour concilier trois objectifs indissociables :

  • la protection de la biodiversité,
  • le maintien et le développement d'une agriculture productive et diversifiée,
  • la valorisation économique des territoires avec des filières de production organisées.

Le réseau Agrifaune (pour la faune sauvage) créé par la FNSEA, les Chambres d'Agriculture, l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage et la Fédération nationale des chasseurs illustre cette dynamique qui vise à engager les exploitations agricoles dans une démarche d'amélioration continue au service d'une agriculture durable.

La FNSEA s'attache à la protection de la biodiversité agricole, qu'elle soit sauvage, domestique ou cultivée. Elle représente une part importante de l'ensemble de la biodiversité, à côté de la biodiversité extraordinaire représentée par les plantes rares ou en extinction qui font l'objet de protections réglementaires spéciales.

L'agriculture, la biodiversité, les ressources en eau sont étroitement liées : l'activité agricole permet le maintien de la biodiversité, facilite l'infiltration de l'eau dans les sols et les nappes souterraines.

Les agriculteurs sont les premiers gestionnaires de la biodiversité. Ils doivent le revendiquer et le faire reconnaître. Les services écologiques rendus par les écosystèmes agricoles doivent être valorisés à leur juste prix.

Tous les ans, 60 000 à 70 000  hectares de terres agricoles sont artificialisées (béton, bitume, etc.). Tout le monde est d'accord pour dire que c'est beaucoup trop et ce même constat consensuel a été fait par les parties prenantes du Grenelle de l'Environnement. C'est une perte à la fois pour l'activité agricole nécessaire à l'alimentation des hommes et un énorme gâchis pour la biodiversité. Cependant les mesures gouvernementales proposées pour enrayer cette tendance inquiétante restent trop modestes. La FNSEA propose une vraie politique du foncier agricole contre une artificialisation irréversible dont pâtiront les générations futures.

D'autre part, la protection de la biodiversité et de l'eau doit se faire en conciliant l'impératif de production agricole, en particulier dans les espaces protégés, les zones humides ou les sites Natura 2000. Une « sanctuarisation » de la nature serait dommageable pour tous.

La FNSEA a plaidé pour l'intégration des espaces agricoles dans la trame verte et bleue (continuité écologique), afin de les protéger de l'artificialisation des sols. La FNSEA a demandé que la trame verte et bleue ne soit pas opposable aux documents d'urbanisme, mais ces derniers devront prendre en compte les continuités écologiques.

La formation est un élément indispensable à la généralisation des bonnes pratiques

La FNSEA réaffirme son engagement pour une agriculture durable, respectueuse de son environnement. Elle soutient également que l'agriculture et la protection de l'environnement ne sont pas opposables.

  • Un exemple d'action : Certiphyto

La FNSEA s'inscrit dans une logique de progrès visant à généraliser les actions conduisant à limiter l'impact des produits phytosanitaires sur la santé des utilisateurs et consommateurs, et sur l'environnement. Dans ce contexte, la FNSEA estime que la formation est un élément indispensable à la généralisation des bonnes pratiques limitant les risques, et participe à la mise en place des certificats phytosanitaires qui concernent les exploitants agricoles.

Ce dispositif permet de former les agriculteurs sur l'utilisation des produits phytosanitaires et de leur délivrer un certificat validant leur formation :

Fin 2010, plus de 50 000 agriculteurs avaient bénéficié de ce dispositif. 130 000 agriculteurs supplémentaires devraient s'y ajouter d'ici à la fin 2011.

  • La FNSEA a obtenu auprès du Ministère de l'Agriculture la reconduction à l'identique des bonnes conditions agro-environnementales pour permettre une meilleure appropriation par les agriculteurs de ces différentes conditions, notamment le taux de surface en équivalent topographique à 3% de la surface agricole utile.
  • D'autre part, la FNSEA a développé un nouvel outil d'autodiagnostic permettant aux agriculteurs de situer eux-mêmes leur exploitation par rapport aux règles dites de la conditionnalité des aides PAC : OSCAR II. Cet outil leur permet de mieux connaître leurs obligations quant aux bonnes conditions agro-environnementales à maintenir sur leur exploitation.

 

 

 

Les recettes du terroir

La recette du jour

Tian de légumes d'été

Emploi - Formation

Xavier Beulin - Président de la FNSEA : "L'agriculture, c'est maintenant !"

Toutes les émissions dans la médiathèque