Lancée à la fin des années 1990 pour « restaurer la
confiance » après les crises sanitaires de la vache folle et
de la dioxine, la Charte des bonnes pratiques d'élevage proposait à
tous les éleveurs de bovins de « bien faire et de le faire
savoir ». Elle a été revue successivement en 2003, pour
intégrer la réglementation sur le registre d'élevage et l'émergence
de l'agriculture raisonnée, puis en 2007, pour prendre en compte la
réglementation du paquet hygiène et la conditionnalité des aides
PAC. Aujourd'hui, la démarche rassemble 111 000 éleveurs, soit 82 %
des éleveurs laitiers et 56 % des éleveurs allaitants
français. Par son ampleur, c'est la première démarche agricole
européenne. Avec la version 2012, la Charte actualise son contenu
en renforçant les exigences sur les bonnes pratiques de santé
animale en lien avec la qualité des produits. Une attention
particulière est aussi portée à la protection des personnes qui
interviennent sur l'exploitation (prévention des risques,
protection pour le traitement des cultures, etc). De plus, cette
nouvelle version de la Charte remet au cœur des bonnes pratiques
les fondamentaux environnementaux : gestion des déchets,
bandes tampon le long des cours d'eau, préservation des haies,
talus, surfaces en herbe, ainsi que les économies d'eau et
d'énergie.
Bien
faire et le faire savoir
Marie-Jo Beauchamp, qui élève 80 vaches Charolaises en
Saône-et-Loire, témoigne : « La charte est un bon
outil pour valoriser le travail de l'éleveur. On est beaucoup plus
à l'aise pour communiquer sur notre métier. » Comme
beaucoup d'éleveurs, elle reconnaît que la Charte l'a amenée à
aller encore plus loin dans l'adoption de bonnes pratiques et lui a
permis de les valoriser. Même discours chez Ghislain de Viron,
éleveur laitier de 70 Prim'Holstein dans la Sarthe, qui apprécie le
contrôle d'un conseiller tous les deux ans et « la
satisfaction du travail bien fait ». Démarche de
valorisation du métier d'éleveur, « la Charte est aussi un
outil très fonctionnel et pratique pour l'éleveur, face aux
évolutions réglementaires », souligne Manuel Gavelle,
co-président de la Charte.
Une
démarche pour tous les éleveurs
Au
fil de ses différentes versions, la Charte des bonnes pratiques
d'élevage a intégré l'évolution des demandes de la société. Elle a
souvent anticipé la réglementation pour contribuer à l'amélioration
des pratiques des éleveurs. La démarche est contrôlée tous les ans,
à tous les échelons, et chaque élevage est audité tous les deux ans
par un conseiller. Ce dispositif qualité, gage de crédibilité,
constitue le principal poste de dépense de la Charte, évalué à 80
euros par exploitation et par an. Si les pouvoirs publics ont
accompagné sa mise en place, « on a gagné notre autonomie
financière », se félicite Bernard Malabirade, l'autre
co-président de la Charte, soulignant que la question de la
valorisation des produits issus de la Charte, avec un retour aux
éleveurs, est actuellement posée. La version 2012 est lancée. Les 2
500 techniciens qui l'accompagnent sur le terrain vont être formés
afin qu'elle entre en application dès la fin de l'année.