Réconcilier le consommateur avec l’innovation en agriculture

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« Le regard porté sur l'agriculture est déformé »  a déclaré Xavier Beulin, au colloque organisé par la FNSEA, les JA, Orama et l'Union de l'industrie de la protection des plantes, le 16 novembre à Paris sur le thème de l'agriculture et de l'innovation.

Qu'il s'agisse de la gestion de l'eau, de l'utilisation des pesticides ou des OGM, les pratiques agricoles sont interpellées par l'opinion publique et les agriculteurs pointés du doigt. D'une façon générale, l'innovation qui est généralement bien accueillie dans les autres secteurs d'activité pose problème en agriculture. Pire « la société ne reconnait pas les efforts réalisés par les agriculteurs » en matière de protection de l'environnement, observe le président de la FNSEA. Pourtant l'accès aux nouvelles technologies est un facteur clef de notre compétitivité agricole, a-t-il insisté et un élément de réponse aux grands enjeux de l'avenir : la satisfaction des besoins alimentaires d'une population mondiale qui atteindra neuf milliards d'individus en 2050.

Le G20 l'a rappelé à bon escient, début novembre à Cannes : « il faudra produire plus » et partout dans le monde. Ce message  n'a pas convaincu jusqu'à présent la Commission européenne. Ses propositions de réforme de la Pac mettent davantage l'accent sur le verdissement que sur le nécessaire développement de la production. Pourtant l'agriculture française et les productions végétales en particulier bénéficient d'avantages comparatifs certains. Pour le blé par exemple,  la France est le premier pays au monde en termes de productivité avec 9 t à l'hectare, loin devant les Etats-Unis par exemple à 2,8 t/ha. Elle est le deuxième exportateur mondial de blé au monde. Contrairement aux autres pays du monde, elle échappe aux fortes variations annuelles de production grâce à son climat tempéré. Ce qui n'est pas le cas de la Russie, de l'Ukraine, de l'Argentine, de l'Australie, voire des Etats-Unis. Seule l'innovation lui permettra de garder son rang, observe Gérard Morice directeur général d'Arvalis. Et qui dit innovation, dit amélioration génétique et biotechnologies, revalorisation de l'agronomie en lien avec la fertilisation et la protection des plantes, utilisation de nouvelles molécules, développement de l'agriculture de précision…

Tous les intervenants du colloque s'accordent sur la nécessité de réconcilier le consommateur avec l'innovation en agriculture et de mettre en place un « pacte de confiance » : transparence et pédagogie en sont les principaux leviers.

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