Caméras des villes, caméras des champs

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Jean-Luc Godard est presque aussi connu pour ses aphorismes provocateurs que pour ses films. Il déclara un jour, "Je ne veux parler que de cinéma, pourquoi parler d'autre chose ? Avec le cinéma on parle de tout, on arrive à tout". Le Festival International du Film Documentaire sur la Ruralité, Caméra des Champs pourrait parfaitement donner raison au père de la nouvelle vague, en lui apportant une véritable preuve par l'exemple.

Une vie au village de Zhou Hao, l'un des films en compétition

A l’heure où le cinéma est en fête sur les tapis rouges de la Croisette, un autre festival bat son plein à Ville-sur-Yron en Meurthe-et-Moselle. Certes moins connu que son cousin cannois, « Caméras des Champs » est pourtant une manifestation qui a su s’imposer puisqu’il s’agit aujourd’hui de sa 14e édition. Unique en son genre, l’événement a pour objectif de présenter à travers la projection de films documentaires, les mutations du monde rural en France mais aussi dans le reste du monde. Pour Luc Delmas, le Directeur du festival  le but  de "Caméras des Champs est de montrer les mutations des mondes ruraux, pour mieux aborder l'avenir sans regard passéiste[1]".

Ainsi entre le 23 et le 27 mai pas loin d’une vingtaine de films seront en compétition pour trois prix, celui du jury, des lycéens et du public. Au programme, une invitation à voir les problèmes des campagnes sur les autres continent du Mali (Fantang ou Les trois frères peuls) à la Mongolie (Les chevaux de Saï), une réflexion sur l’avenir de l’agriculture de la Bretagne (L'enfer vert des Bretons) à la Bourgogne (Moissons) et enfin un questionnement sur la place des femmes au sein des espaces ruraux avec deux très bons films Femmes en Campagne de Daniel Vigne et Un village sans femmes du Serbe Srdjan Sarenac.  

Comme tout festival qui se respecte, la compétition possède un jury, mais à Ville-sur-Yron celui-ci se devait d’être différent et prendre en compte les divers acteurs de la ruralité. Ainsi, cette année le jury sera présidé par Carto Fajal, lauréat 2011 pour son film Jon, face au vent, d’un agriculteur Alain Boutrou, d’Eric De La Chesnais journaliste au Figaro, spécialiste des questions agricoles, ou encore de Gérard Renouard, Président de la Chambre d'Agriculture de Meurthe-et-Moselle.

Le festival ne se limite pas non plus à une simple projection. Dans l’esprit des fondateurs du festival, les films ne devaient être au final qu’un moyen d’ouvrir un dialogue plus large après les projections. Les organisateurs proposeront donc à côté de la compétition des tables rondes, des expositions et des ateliers « de lecture à l'image ». Cette année, le thème des coopératives dans les espaces ruraux sera à l’honneur, en lien avec l’Année Internationale de la Coopération, décrétée par les Nations Unies.

Au final Caméras des Champs qui se voulait avant tout observateur de la ruralité est devenu en quelques années un acteur à part entière de la vie locale, et par son action prouve, si cela devait encore être à démontrer, que nos campagnes peuvent être des lieux d’excellence culturelle et attirer en nombre le public. 

 



 

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