Cette histoire des femmes en
campagnes est le combat des agricultrices pour leur émancipation.
Depuis des millénaires et jusqu'à la seconde guerre mondiale, la
femme est restée inexistante malgré la place qu'elle occupait à la
maison et sa contribution aux les travaux agricoles.
Marie-Thérèse Nouvellon
proche collaboratrice de Michel Debatisse ne pouvait pas être plus
explicite dans la revue Paysans en mai 1968. « Les femmes
étaient soumises à leur destin. Toutes choses étaient tracées
d'avance, en dehors d'elles, par la famille, la religion, la
coutume. On existait pour son mari, sa famille, sa paroisse et si
peu pour soi-même ». Jusqu' à ce que la Jac et sa branche
féminine en particulier remette en cause cet ordre éternel des
champs. Les pionnières, Micheline Marcusse, Marie-Thérèse Lacombe,
Thérèse Debatisse se sont battues pour la reconnaissance du rôle de
la femme au sein de la famille. Leur premier combat fut celui de la
décohabitation avec les beaux parents. « Cohabiter sous le
même toit avec toute la famille, cela veut dire : ne pas
embrasser son mari quand on a envie ; ne pas changer de place
la casserole accrochée à ce clou depuis une éternité ; ne pas
faire la cuisine que l'on aime ; ne pas pouvoir recevoir ses
amis, souvent même pas sa propre famille ; accepter que
n'importe qui lise votre courrier et découvrir que votre mari reste
le fils de sa mère avant d'être votre époux » se souvient
Marie-Thérèse Lacombe.
Dés le début, le CNJA,
héritier des valeurs de la Jac prévoit dans ses statuts une
représentation des femmes : au moins cinq au conseil
d'administration, trois au bureau dont une vice-présidente.
Quelques années plus tard, en 1970, une mesure apparemment anodine,
l'instauration de la TVA va permettre aux femmes de prendre des
responsabilités sur l'exploitation. Par la suite, les tâches
administratives ne faisant croître, avec les déclarations Pac
formulaires divers et variés à remplir, les enregistrements
comptables, leur travail sera davantage reconnu. Mais point
de statut encore.
Considérées comme aides
familiales, il faudra attendre la loi d'orientation de 1980 pour
qu'elles deviennent co-exploitantes. Ce n'est qu'en 1985 que la
femme dispose des mêmes droits que l'homme dans les Earl qui
viennent d'être créées. L'adoption du statut de conjoint
collaborateur n'interviendra qu'en 1999.
Dans le même temps les
organisations professionnelles s'ouvrent progressivement aux
femmes. Michèle Chézalviel devient présidente de la chambre
d'Agriculture de Corrèze en 1976. Mais ce n'est qu'à partir
des années 90 qu'elles accèderont aux plus hautes responsabilités,
Christiane Lambert à la tête des JA en 1994 et Jeannette Gros à la
présidence de la MSA en 1997.
Aujourd'hui le combat est
loin d'être terminé. La parité n'est pas encore acquise partout.
Mais si être agricultrice est désormais un métier choisi pour
beaucoup d'entre elles, le quitter pour exercer une activité de
salariée ailleurs relève souvent d'un choix contraint car le revenu
dégagé par l'activité agricole est insuffisant pour faire vivre la
famille. « La femme est trop souvent la variable
d'ajustement » déplore Karen Serres, la présidente de d
la Commission des Agricultrices de la FNSEA dans une interview
accordée à Agriculture Information, il y a quelques
jours.
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Histoire des femmes en
campagnes. L'agriculture au féminin.
Disponible à la FNSEA, 11 rue de la Baume, 75008
Paris, 25 euros
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