Faune sauvage et dégâts agricoles : réaffirmer le principe d'indemnisation

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Historiquement le sanglier était cantonné à des zones limitées et constituait un gibier rare dont l'ensemble du droit cynégétique contribuait à la protection. Le développement, au cours des dernières décennies, d'une population généralisée de sanglier a créé une situation nouvelle qui résulte essentiellement de l'action volontaire des chasseurs dans la gestion des territoires de chasse.

Comme il est souligné dans le Plan national de maîtrise du sanglier mis en oeuvre en 2009, la prolifération de cette espèce observée ces dernières années dans certains secteurs prend des proportions inquiétantes par ses effets dommageables qui vont bien au-delà des stricts dégâts causés à l'activité agricole. Le plan national vise particulièrement les risques de collisions routières. Mais ce n'est pas tout. Il est, en effet, clairement démontré que la surpopulation de sanglier porte atteinte à la biodiversité comme cela peut être le cas dans certaines zones humides ou du littoral. Mais cette prolifération est également un facteur incontestable de développement du virus de la peste porcine qui peut se transmettre au porc d'élevage et constitue alors une menace sanitaire sérieuse.

Aujourd'hui, et malgré les instructions envoyées aux Préfets, les populations de nuisibles continuent à proliférer et avec elles, les dégâts agricoles. Pourtant, la circulaire du 31 juillet 2009 rappelle que les Préfets ont « toute latitude pour adapter (leur) action aux problèmes rencontrées ». Elle poursuit en affirmant que « les acteurs sont soumis à une obligation de résultats : la baisse significative des dégâts de gibier aux récoltes (…). »

Le principe général défendu par la FNSEA est que la pratique de la chasse ne doit, en aucun cas, porter atteinte à l'activité agricole. Le plan de maîtrise du sanglier doit donc être absolument appliqué et tous les moyens de régulation et de destruction doivent être mis en oeuvre pour diminuer les populations de sanglier. Aujourd'hui, l'impression ressentie par les agriculteurs est que les conséquences de la prolifération du sanglier sur le territoire français sont largement sous-estimées et ne sont que très partiellement prises en compte dans le calcul des indemnités versées par les fédérations départementales des chasseurs.
En parallèle, les fédérations départementales des chasseurs font face à une explosion des sommes versées au titre de l'indemnisation et qui s'explique par la combinaison d'un volume très élevé de dégâts et par une forte volatilité des cours des denrées agricoles servant de base au calcul des indemnités. De plus en plus de fédérations auront donc des difficultés pour financer les indemnités. Face à cette situation, la fédération nationale des chasseurs semble vouloir remettre en cause les principes mêmes de l'indemnisation basée sur la responsabilité sans faute.

La première démarche est donc de réaffirmer le principe d'indemnisation tel qu'il existe aujourd'hui pour responsabiliser les gestionnaires départementaux chargés de mener les actions nécessaires pour maîtriser les populations de grand gibier. Tous les moyens doivent être mis en oeuvre pour accroître fortement la pression cynégétique sur le sanglier et garantir les moyens de maîtriser durablement les populations.

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