Négociations UE/Mercosur - L'agriculture européenne serait bien le secteur perdant

Retour Partager sur facebook Partager sur tweeter Imprimer l'article
Envoyer l'article par e-mail

Envoyer cet article par mail

Fermer

250 signes(s) restant(s)

 

* champs obligatoires

Un accord commercial trouvé entre l'UE et le Mercosur (Amérique du Sud) affecterait négativement le secteur agricole européen, selon les études d'impact que la Commission européenne a remis aux Etats membres en juillet dernier.

Dans le cadre des négociations bilatérales de l'UE avec le Mercosur (Amérique du Sud), la Commission a transmis en juillet aux 27 Etats membres de l'UE des études d'impact, l'une générale et l'autre spécifiquement agricole, dans le cas d'un futur accord commercial entre les deux communautés économiques.
Ces informations confirment les pertes économiques et sociales qu'enregistrerait l'agriculture européenne en cas d'accord, avec des disparités entre les Etats membres et les différentes régions. A l'inverse, le secteur agricole sud-américain en tirerait avantage. Ces études se sont focalisées sur la diminution des droits de douane et la création de nouveaux contingents tarifaires pour les produits sensibles. La balance européenne du commerce extérieur agricole serait déficitaire de 5,2 milliards d'euros vis-à-vis du Mercosur. Le revenu agricole européen moyen diminuerait, lui, de 1,6 % en raison d'une baisse des prix et du départ d'agriculteurs (respectivement -1,1 % et -0,6 %). La baisse des prix agricoles irait de 4,8 % à 0,2 % en fonction des produits et le prix du lait augmenterait. 0,4 % des emplois agricoles européens seraient également menacés, soit 33 000 emplois par an. Enfin, ces deux études d'impact soulignent que le secteur de l'élevage serait le plus touché.

Les viandes très touchées
En viande bovine par exemple, les conséquences d'un accord UE/Mercosur consisteraient en une baisse de la production européenne. Tous les scénarios simulés par l'étude agricole font apparaître que les importations en provenance du Mercosur augmenteraient considérablement, en particulier celles de viande bovine (de 5 000 t à 525 000 t selon les scénarios). Dans le scénario simulant l'offre du Mercosur de 2006, la moins avantageuse pour l'agriculture européenne, les pertes pour le secteur de la viande pourraient s'élever à 5,8 milliards d'euros, dont 800 000 millions pour la volaille. Cependant, la hausse globale de la consommation de viande de bœuf permettrait à l'UE, par ricochet, de voir ses exportations progresser vers des pays tiers traditionnellement importateurs de viandes sud-américaines, comme la Russie, le Japon ou les pays arabes.
Quant au secteur laitier, les études d'impact révèlent que la production et la consommation européenne de produits laitiers diminueraient faiblement. Mais l'UE resterait un exportateur net de beurre, de fromage et de crème. Dans le même temps, les études d'impact de la Commission européenne ne manquent pas d'insister sur la croissance attendue des exportations européennes industrielles et de services vers l'Amérique du Sud. Elle générerait un excédent commercial global de 15,2 milliards d'euros pour l'Union, ce qui inverserait la tendance actuelle puisque que sa balance commerciale globale avec le Mercosur est déficitaire. En revanche, l'industrie du Mercosur serait négativement affectée par un accord et sa balance commerciale avec l'UE deviendrait déficitaire.

Hausse du PIB européen
L'UE choisira-t-elle de sacrifier certains pans de son agriculture en optant pour une plus grande dépendance extérieure sur certains produits alimentaires, afin d'obtenir des gains économiques et sociaux plus globaux ?
En effet, le PIB européen augmenterait de 15 à 21 milliards d'euros (+0,2 %) en cas d'accord ambitieux entre l'UE et le Mercosur. Le PIB du Mercosur pourrait quant à lui augmenter de 0,3 %. Cet accord commercial serait donc globalement bénéfique aux deux régions en termes de croissance du PIB et de création d'emplois.
A ce jour, les deux parties préparent leur nouvelle offre respective et des avancées pourraient intervenir lors du prochain cycle de négociations de Montevideo, en Uruguay, du 7 au 11 novembre prochains. La Commission européenne souhaiterait les conclure après octobre 2011 et avant avril 2012. Mais la campagne électorale pour les élections générales françaises, début 2012, pourrait bien retarder encore l'issue de ces tractations.

Emploi - Formation

Xavier Beulin - Président de la FNSEA : "L'agriculture, c'est maintenant !"

Toutes les émissions dans la médiathèque