Regards croisés sur la question du stockage des matières premières agricoles : Xavier Beulin/José Graziano da Silva.

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Hier, le nouveau directeur général de la FAO José Graziano da Silva et le président de la FNSEA, Xavier Beulin se sont exprimés dans les médias sur la réponse à apporter à l’augmentation actuelle des cours des céréales. Tous deux ont exprimé une même conviction: celle-ci passera par la reconstitution des stocks stratégiques. Cette position, Xavier Beulin ira la soutenir mardi 28 août auprès du président de la République, François Hollande.

Alors que les instances internationales tentent de s’organiser pour éviter la répétition du scénario de 2007/2008, notamment par la mise en place d’un « Forum de réaction rapide », la question de la prévention des hausses du prix des matières premières agricoles n’a jamais autant été d’actualité.

C’est justement sur ce sujet que le nouveau président brésilien de la FAO, José Graziano da Silva a été interrogé par les journalistes du Monde Alain Faujas et Gilles van Kote. Son propos particulièrement intéressant, montre le changement de doctrine actuellement à l’œuvre au niveau international sur la question agricole.

Selon le successeur de Jacques Diouf, la crise actuelle n’est pas une répétition de celle de 2007/2008, elle serait même « totalement différente ». « Les Etats-Unis connaissent cette année une sécheresse exceptionnelle qui a provoqué une forte augmentation des prix du maïs et a tiré vers le haut les cours des autres céréales, alors qu'il y a quatre ans, c'est la très forte demande asiatique qui avait été l'une des explications majeures de l'envolée des prix. » Pourtant si les causes changent, les crises chroniques risquent de se multiplier, « toutes les projections de la FAO aboutissent à la conclusion que les prix agricoles vont rester élevés et connaître une grande volatilité dans les dix années à venir. »

Dans ce contexte la reconstitution de stocks agricoles semble être la solution. Interrogé sur un revirement doctrinal à ce sujet, le directeur de la FAO a déclaré aux deux journalistes du Monde : « Nous ne considérons pas le marché global comme un supermarché où l'on peut acheter ce que l'on veut quand on le veut. Pour assurer sa sécurité alimentaire et faire face à des augmentations de prix, chaque pays devrait se doter de stocks couvrant entre une semaine et un mois de ses besoins.»

Le même jour, sur Radio Classique, Xavier Beulin partageait en grande partie l’analyse et les conclusions de José da Silva. Questionné sur l’ampleur de la crise Xavier Beulin a apporté une nuance supplémentaire : « On ne pourra juger de l’importance de cette crise que d’ici trois ou quatre mois, lors des récoltes dans l’hémisphère sud. Pour le moment nous sommes en situation de pré-crise. Il ne faut pas non plus mettre d’huile sur le feu. Simplement ça montre quand même, que l’agriculture et l’alimentation doivent être gérées avec un petit peu plus d’anticipation… »  

Du point de vue du diagnostic, le président de la FNSEA a livré une analyse semblable à celle José Graziano da Silva : « ce qu’il faut maintenant, c’est des décisions de nature politique et c’est vrai que ça se passe plutôt à l’échelle internationale avec, en particulier, la nécessité de remettre dans les politiques publiques une volonté de stockage. On sait aujourd'hui stocker les céréales ; il faut sans doute construire les infrastructures, notamment dans les pays du sud, là où les pays justement importent massivement des pays du nord pour faire en sorte qu’on évite ces crises à répétition. »

Cette convergence de vues est de bon ton pour la FNSEA qui sera reçue en début de soirée à l’Elysée pour échanger avec le président de la République sur les grands dossiers de cette rentrée agricole qui s’annonce déjà très chargée.  

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