Le blanc seing de l'OCDE à la PAC

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Dans un rapport qu'elle vient de publier l'OCDE apporte son soutien aux différentes réformes de la Pac qui ont été engagées. Mais suggère surtout d'aller beaucoup plus loin en termes de ciblage des aides, d'élimination du soutien des prix, d'ouverture des marchés et de renforcement des mesures environnementales.

« Dans l'ensemble, les réformes de la Pac durant les 25 dernières années ont accru de manière sensible et continu l'orientation marché du secteur, réduit les distorsions et amélioré la capacité de la Pac à transférer des revenus aux agriculteurs ». A quelques jours de la nouvelle réforme annoncée de la politique agricole commune, l'OCDE tire un bilan plutôt positif de la Pac et surtout des réformes qui ont été entreprises. Au cours des 20 dernières années, la part des aides agricoles dans les recettes annuelles des agriculteurs est passée de 39 % en 1986-1988 à 22 % en 2008-2010, du fait des réformes, mais aussi à cause de la hausse des prix des matières premières, observe l'OCDE. Egalement positif pour l'OCDE, l'orientation environnementale qui a été donnée à la Pac à partir de 1992. « L'introduction facultative en 1988 puis obligatoire en 1992 d'un système de gel des terres, a eu sur l'environnement des effets importants jugés globalement positifs » estime l'organisation. Idem pour le découplage du soutien : il « devrait être bénéfique pour l'environnement car (….) il conduit à une certaine extensification des pratiques de production ». Si le bénéfice d'un certain nombre de mesures d'écoconditionnalité « fait débat » car il est difficile à mesurer, les évaluations de la mesure agroenvironnementale du deuxième pilier « ont montré que sa mise en œuvre a été bénéfique pour la biodiversité » juge le rapport. 

Répartition inéquitable

Mais le rapport n'est pas non plus exempt de critiques, notamment sur la répartition des aides. Ainsi en 2007, « les 25 % d'exploitations les plus grandes recevaient 74 % du soutien total ». Bref, « le soutien au revenu bénéficie principalement aux exploitations les plus grandes, dont les revenus moyens sont supérieurs de ceux de l'ensemble des exploitations ». Et les réformes successives  n'ont modifié la répartition des soutiens qu'à « la marge ». Essentiellement parce que l'attribution des soutiens directs est un peu moins inégale que le soutien des prix de marché qui prévalait autrefois. Surtout l'OCDE en profite pour formuler un certain nombre de préconisations pour la prochaine Pac. « Les réformes futures devront capitaliser sur les succès passés et continuer à accroître l'orientation par le marché du secteur et à réduire les distorsions générées par le soutien résiduel des prix de marché ». Ainsi les mesures de soutien des prix de marché devraient être éliminées à l'avenir car il s'agit d'une « des formes de soutien qui génère le plus de distorsions ».Fidèle à son credo libéral, l'organisation suggère que « les efforts futurs devront également se concentrer sur une amélioration plus générale de l'accès au marché dans le cadre des négociations commerciales internationales et bilatérales en cours ».

Soutiens ciblés

L'OCDE évoque également la mise en place « d'une grande variété d'outils de gestion des risques » et une extension des mesures agroenvironnementales « pour mieux prendre en compte les défis liés au changement climatique ». Concrètement « le principe pollueur-payeur doit être mis en place plus largement » et il faut davantage inciter les agriculteurs « à adopter des pratiques agricoles durables ».Enfin pour améliorer l' « efficience et l'équité de la politique agricole, il faut s'efforcer de mieux cibler le soutien vers des objectifs spécifiques ». Autrement dit réserver les aides aux agriculteurs qui remplissent les conditions exigées. C'est la raison pour laquelle, l'option de la Commission de « modifier la répartition des paiements en imposant des plafonds par exploitation ou en excluant les fermes d'agrément ne permettrait pas de résoudre le problème de fond » à savoir  que la Pac ne définit aucune cible de revenu. En outre le plafonnement « pourrait également affecter les stratégies de restructuration des exploitations  et encourager la scission  des plus grandes exploitations », observe l'OCDE.

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