Dacian Ciolos a présenté ses propositions législatives pour
2014-2020.
« Un nouveau pacte entre les agriculteurs et la société
européenne » a déclaré Yves Madre membre du cabinet de
Dacian Ciolos en présentant les propositions législatives de la
réforme de la politique agricole commune, le 12 octobre à
Paris.
Le
projet du commissaire qui a été adopté à l'unanimité de ses
collègues entend répondre à trois défis : la sécurité alimentaire
de l'Union européenne, la protection des ressources naturelles et
le développement des territoires.
« On ne peut parler de compétitivité économique sans
parler de compétitivité écologique » a pour sa part
insisté Dacian Ciolos. Aussi les mesures proposées qui
s'appliqueront à partir de 2014 visent à la fois à assurer la
compétitivité de l'agriculture et donc le revenu des agriculteurs
tout en intégrant des contraintes environnementales : le
maintien de la biodiversité et la lutte contre le changement
climatique ... En outre, explique la Commission, les
préoccupations se sont déplacées de la simple compétitivité de
l'agriculture à la question de l'instabilité des marchés agricoles
et de la volatilité des prix et des revenus. Aujourd'hui,
observe-t-elle les risques pour l'agriculture européenne viennent
non seulement des aléas météorologiques, mais aussi des risques
sanitaires et de l'instabilité des prix auxquels il faut apporter
une réponse. Bref ce sont toutes ces exigences parfois
contradictoires que le projet de Ciolos tente de concilier.
Pour
commencer il sera accordé à tous les agriculteurs et dans toute
l'Union européenne une aide de base à l'hectare à partir de 2014.
Cette aide est destinée à compenser l'écart de coût de production
entre l'Union européenne et les pays tiers, tout en permettant aux
agriculteurs de rattraper le revenu moyen des autres catégories
professionnelles. Le revenu moyen des agriculteurs étant en
effet 40% inférieur au revenu moyen européen.
Fonds mutuels
Mais
pour marquer la dimension écologique de la nouvelle Pac, 30 % des
aides directes seront conditionnées à des pratiques
culturales obligatoires.
Ainsi les agriculteurs devront s'engager à maintenir les prairies
permanentes, à favoriser la diversité des cultures, trois cultures
au minimum sur l'exploitation, dont la principale ne devra pas
dépasser 70 % des surfaces et à consacrer un minimum des
surfaces à des réservoirs écologiques. Il sera ainsi exigé que 7 %
des terres arables soit dédiés à la conservation des haies, murets,
des jachères, des bosquets ou à des parcelles présentant un intérêt
écologique.
Pour ce qui est de la lutte contre la volatilité des
prix, le commissaire a insisté sur la mise en place d'un filet de
sécurité quand les prix baissent grâce au maintien de
l'intervention publique et la mise en œuvre du stockage privé. Mais
la mesure la plus novatrice est certainement le feu vert donné à la
création d'outils assurantiels et de fonds mutuels qui
bénéficieront du concours de l'Union européenne, si de leur coté
les agriculteurs acceptent de faire un effort « en
épargnant quand les cours sont bons ».
Le plus du deuxième pilier
Dacian Ciolos a également insisté sur la nécessité de renforcer
l'organisation des producteurs dans les filières face aux
industriels et aux distributeurs et de donner davantage de poids
aux interprofessions
(y
compris en clarifiant les règles de la
concurrence).
Quant au deuxième pilier de la Pac, des aides
cofinancées par les Etats et le budget européen pourront servir
« à faire plus » en matière environnementale
pour préserver les écosystèmes, l'agriculture biologique, la lutte
contre le changement climatique, à favoriser le développement des
zones rurales, des zones de montagne ou défavorisées, les
transferts de compétence et l'innovation.
Concrètement un supplément d'aide directe sera
accordé aux jeunes agriculteurs pendant les cinq premières années.
Les niveaux d'aides seront également plus importants pour les
investissements réalisés par les Jeunes.
En outre, des aides supplémentaires à
l'hectare pourront être octroyées aux zones défavorisées.
M
ais le commissaire a surtout insisté sur la
simplification de la Pac, « le fil
conducteur de cette
réforme ». En ce sens il sera accordé une aide
forfaitaire à tous les petits agriculteurs qui le demandent, y
compris en France où ils représentent 15 % des exploitants. Idem
pour la conditionnalité des aides qui est bien entendu
maintenue mais dont les mesures imposées jusqu'à
présent seront réduites et simplifiées. Ce souci de simplification
va jusqu'aux contrôles notamment en reconnaissant les différents
dispositifs mis en place par les différents Etats membres quand ils
sont considérés comme efficaces et en les autorisant à les alléger.
C'est à partir de ces propositions que les discussions vont se
polariser au Parlement européen et entre les Etats membres.
Le premier échange aura lieu au Conseil des ministres
de l'Agriculture, le 20 octobre à Luxembourg. L'objectif étant de
parvenir à un accord avant 2014. Les négociations s'annoncent
ardues.
Pour obtenir des informations
complémentaires et des documents concernant la réforme de la
Politique Agricole Commune, voir :
http://ec.europa.eu/agriculture/cap-post-2013/legal-proposals/index_fr.htm