Opération « Sécheresse
2011 » - Trois questions à Jérôme Despey, secrétaire général
adjoint de la FNSEA
« Les mesures de
solidarité mises en œuvre sont à la hauteur de la crise
»
Quel premier bilan
dressez-vous après trois mois de mobilisation pour aider les
éleveurs touchés par la sécheresse ?
Jérôme Despey : Alors que toutes les
productions et toutes les régions sont impactées par la sécheresse
qui a sévit durant le printemps, le réseau FNSEA et Jeunes
Agriculteurs (JA) a su une nouvelle fois défendre la profession
agricole en proposant et en mettant en œuvre des mesures de
solidarité à la hauteur des enjeux de cette crise. Nous sommes
entièrement mobilisés pour la mise en œuvre opérationnelle de ces
actions envers les éleveurs, avec le souci de la plus grande
efficacité possible.
Nous avons levé de nombreux obstacles et obtenu de précieux acquis
tels que des mesures de trésorerie, des dérogations et la gratuité
des péages autoroutiers pour le transport de fourrage, la
mobilisation de la SNCF, l'utilisation des jachères, des
dérogations aux mesures agro-environnementales (MAE) ou encore la
possibilité de la reconnaissance de calamité agricole.
41 départements sont reconnus en calamité agricole à cause de la
sécheresse depuis le 12 juillet. Et les pouvoirs publics sont
favorables aux versements d'avances sur les indemnités
prévisionnelles calamité. Nous continuons à tenter d'obtenir que
les modalités de calcul des pertes subies en fourrage ne pénalisent
pas les éleveurs disposant à la fois d'herbe et de maïs
fourrage.
La FNSEA et les JA ont en outre demandé très récemment à Bruno Le
Maire (ministre de l'Agriculture, ndlr) des dégrèvements d'office
de Taxe foncière sur les propriétés non bâties pour l'ensemble des
agriculteurs.
Enfin, nous avons obtenu le report des annuités 2011 des emprunts
contractés par les exploitants dans le cadre du Plan de soutien
exceptionnel à l'agriculture (PSEA) de 2009. Nous continuons à
discuter avec le gouvernement pour obtenir un réaménagement
structurel de ces prêts.
Cependant, que les agriculteurs en soient bien assurés : à la
rentrée et à l'issue de la mise en œuvre de ces solutions de court
terme, nous ferons les comptes.
Où en est-on de la
contractualisation des volumes de paille entre céréaliers et
éleveurs ?
Jérôme Despey : Dès le début de la mobilisation, le
réseau FNSEA/JA a fixé des règles vertueuses pour la
contractualisation de la paille entre départements offreurs et
départements demandeurs, afin d'éviter toute spéculation sur ce
marché. Aujourd'hui, nous pouvons affirmer que le marché de la
paille s'est tenu et ce sont plus d'1 million de tonnes de paille
qui ont déjà été contractualisées.
L'Association des Régions de France (ARF) a également demandé à
tous les Conseils Régionaux d'activer leurs fonds de garantie dans
le cadre des opérations collectives d'achat de paille par les
départements demandeurs, en particulier pour se porter caution des
engagements financiers consentis par les FDSEA. Nous appelons
d'ailleurs les FDSEA, FRSEA et JA à contacter leur collectivité si
cette mesure n'est pas encore opérationnelle dans leur région.
Comment s'organise
aujourd'hui le transport routier et ferroviaire de la
paille ?Jérôme Despey :
L'accord intervenu récemment entre SNCF Géodis et la FNSEA a permis
d'identifier un nombre limité de liaisons prioritaires, appelées
sillons, sur lesquelles sont affrétés des trains de paille pour les
plus longues distances, en contrepartie de tarifs de transport à
prix coûtant. Nous optons pour les sillons les plus rationnels, les
moins coûteux et au bénéfice du maximum de départements demandeurs.
Nous invitons d'ailleurs ces derniers à mutualiser au mieux les
coûts de transport entre la route et le fer.
Sur la route, la gratuité des péages est garantie sur présentation
par le transporteur d'un certificat de gratuité, élaboré par la
Chambre d'agriculture au niveau de chaque département et remis au
transporteur par l'agriculteur ou ses représentants. Cet acquis
important permet une répercussion financière directe sur la facture
de transport que l'éleveur doit régler.