C'est moins que l'Allemagne (-36 %)
mais un peu plus que l'Italie (-24 %). La France agricole a perdu
26 % de ses exploitations entre 2000 et 2010, selon les résultats
du dernier recensement agricole de 2010, dévoilés le 12 septembre
au soir par le ministère de l'Agriculture et de la Pêche. On
dénombre aujourd'hui, en France métropolitaine, près de
500 000 exploitations agricoles et près d'1 million de
personnes impliquées régulièrement dans leur activité agricole,
hors salariat saisonnier. Le nombre de chefs d'exploitation et de
co-exploitants a, lui, baissé de 21 % en 10 ans ; ils sont
aujourd'hui 604 000. Invité à commenter à chaud ces résultats
lors du SPACE de Rennes, le 13 septembre, le ministre de
l'Agriculture, Bruno Le Maire, a résumé ainsi le nouveau visage
agricole français : « Il y a moins de paysans, un
regroupement des exploitations et le maintien de leur
diversité. » En 10 ans, la France agricole a connu une
forte restructuration de son profil humain et de ses
exploitations.
En effet, la superficie moyenne des
exploitations gagne 13 hectares (ha), atteignant 55 ha en 2010 et
même 80 ha pour les moyennes et grandes exploitations. Un quart des
exploitations a une surface de moins de 6 ha et un autre quart a
une surface de plus de 82 ha. Ces chiffres reflètent le mouvement
d'agrandissement des exploitations agricoles à l'œuvre en France,
même si la diminution du nombre d'exploitations s'est ralentie par
rapport à la décennie 1990-2000 (-3 % par an, contre -3,5 %).
L'élevage
recule
Le nombre des petites et moyennes
exploitations diminue fortement, quand celui des grandes
exploitations se maintient. Le nombre des très grandes
exploitations est, lui, en progression. Les petites exploitations,
qui constituent en 2010 36 % des exploitations françaises (contre
42 % en 2000), mettent en valeur 7 % seulement de la surface
agricole utilisée (SAU) et elles ont quasi toutes conservé un
statut individuel (non sociétaire). Les moyennes et grandes
exploitations occupent, elles, 93 % de la SAU et 87 % du volume de
travail en agriculture. Un actif agricole sur deux travaille dans
une grande exploitation. Enfin, le salariat continue de progresser
en agriculture : 17 % du travail sur les exploitations est
assuré par des salariés permanents, contre 14 % en 2000.
La baisse du nombre d'exploitations
touche surtout l'élevage et la polyculture-élevage, même si les
exploitations françaises demeurent très diverses dans leur taille
et leur production. Les petits élevages bovins ont quasiment
disparu et le nombre des grands élevages s'est accru. En revanche,
le nombre des exploitations de grandes cultures se maintient,
progressant même dans le cas des moyennes et grandes exploitations
spécialisées en céréales et oléoprotéagineux. Néanmoins, malgré la
forte baisse de l'élevage bovin en 10 ans, 30 % des moyennes et
grandes exploitations sont encore spécialisées en bovins.
Plus féminine et mieux
formée
Les formes sociétaires en
agriculture (EARL, GAEC, etc.) ont fait progresser le nombre de
co-exploitants en 10 ans. Elles ont aussi amélioré la prise en
compte du statut du conjoint, en particulier des femmes. En effet,
l'agriculture française s'est féminisée davantage ces dix dernières
années puisque 27 % des chefs d'exploitation et co-exploitants sont
aujourd'hui des femmes.
Par ailleurs, les agriculteurs sont
aujourd'hui mieux formés. Dans les moyennes et grandes
exploitations, les trois quarts des chefs d'exploitation et
co-exploitants de moins de 40 ans ont au moins le baccalauréat. De
plus, on dénombre davantage de jeunes agriculteurs en zone
d'élevage qu'en zone de grandes cultures.
A partir du mois d'octobre et tout
au long de l'année 2012, des études et données spécifiques par
thématique (cultures, élevage, travail agricole, formation,
circuits courts, etc.) et par région, dans le cadre de ce
recensement agricole 2010, seront progressivement diffusées.