"Le rythme de la campagne électorale s’accélère à quelques jours du scrutin. La dictature de l’audimat des chaînes d’information en continu pousse les candidats à s’ébattre dans des meetings et studios, relevant la petite phrase de la veille et assenant la riposte préparée par les communicants… Drôle de spectacle pour ceux qui aiment les débats de fond, les confrontations démocratiques sur des programmes de gouvernement. Heureusement la presse écrite et quelques émissions radios ou télévisées sérieuses donnent des temps de parole longs et décortiquent les mesures sur les vraies préoccupations des électeurs : pouvoir d’achat, emploi, politique sociale, éducation, fiscalité, fonction publique, création d’entreprise, révolutions informatique et biologique, retraites, risques d’exclusion… qui conditionnent la sérénité de la vie en société et la compétitivité de notre économie.
La crise est là, brutale, tenace et ce que vivent les Grecs, Italiens, Espagnols fait mûrir les esprits de beaucoup de Français qui ne sont pas dupes des difficultés profondes et des efforts qui nous attendent tous.
Le monde a changé, la croissance insolente et la dynamique démographique des pays émergents bousculent nos certitudes et appellent des changements d’orientation dans nos économies occidentales. Beaucoup d’entre nous le sentent intuitivement, mais nous voudrions être éclairés sur les transitions économiques et sociales indispensables pour éviter la régression ; sur de nouveaux modèles de répartition plus équitables pour garder la cohésion ou sur des politiques d’investissements d’avenir pour inscrire notre économie dans une croissance durable.
Il est important d’élever le débat, de sortir des polémiques stériles construites sur des peurs ou des rumeurs.
Faisons le choix de la lucidité et du parler vrai.
L’évolution de notre société depuis plus de 30 ans invite à plus d’audace dans les décisions. Plus de responsabilité aussi, car le bien commun dépend de l’implication active et volontaire de chacun de nous, dans sa vie, son domaine d’activité et dans la vie publique."
Christiane Lambert, vice-président de la FNSEA