Les comptes prévisionnels de l'agriculture 2011
viennent d'être publiés. Le revenu des agriculteurs devrait baisser
: comment l'expliquer ?
Jérôme Despey : Selon les
résultats prévisionnels, le revenu des agriculteurs a baissé de 2,6
% en 2011. Cette baisse est multifactorielle : elle s'explique
d'abord par l'importante augmentation des coûts de production mais
elle résulte également de la sécheresse et des accidents sanitaires
subis par les agriculteurs. C'est pourquoi les productions les plus
touchées sont notamment les fruits et les légumes, la production de
bovins-viande et les céréales. Le revenu courant avant impôt par
actif est par exemple de 4 700 euros pour les producteurs de fruits
en 2011. Ce chiffre est aussi catastrophique qu'alarmant !
Comment se positionne l'agriculture française par
rapport à ses voisins européens ?
JD : La baisse de notre revenu est évidemment
une mauvaise nouvelle, mais elle devient plus qu'inquiétante
lorsque l'on observe nos voisins européens : quand nous
reculons de 2,6%, le reste de l'Europe voit son revenu agricole
réel par actif augmenter de 6,7%, avec des hausses dépassant les
40% en Hongrie ou en Roumanie !
La
France a pourtant un immense potentiel avec ses productions
diverses, ses terres aux excellentes qualités agronomiques et un
savoir-faire précieux des agriculteurs sur tout le territoire. Dans
cette conjoncture de crise où notre balance commerciale souffre,
l'agriculture et l'agroalimentaire représentent une réelle
opportunité.
Comment faire pour améliorer le revenu des
agriculteurs ?
JD : Pour améliorer le revenu des
agriculteurs, je suis persuadé, nous sommes persuadés, qu'il faut
retrouver de la compétitivité ! Et cette reconquête nécessite
de mobiliser tous les leviers :
- au
gouvernement, dont le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, se
réjouit de manière excessive de nos revenus pourtant en baisse,
nous demandons de réduire nos contraintes administratives et
d'éliminer nos distorsions environnementales, sociales et fiscales.
La distribution doit, quant à elle, mettre fin aux pratiques
abusives et également faire des efforts sur l'identification des
origines. Au niveau industriel, les outils doivent être améliorés
et la dynamique d'investissement adaptée.
Il appartient, enfin, aux
agriculteurs eux-mêmes de mieux s'organiser, d'adapter l'offre de
production à la demande des marchés et connaître davantage les
coûts de production. La FNSEA, croit profondément en la capacité de
la France agricole à retrouver sa place de leader.