L'apiculture française produit
environ la moitié du miel consommé en France. L'autre moitié est
importée. Outre une nette différence de prix entre les miels
français et les miels importés, ces derniers posent parfois un
problème de qualité, voire ne répondent plus à la définition de
miel. Explications.
Les Français consomment en moyenne
40 000 tonnes de miel par an, alors que les apiculteurs français
n'en produisent que 18 000 à 20 000 tonnes. Le recours aux
importations est donc nécessaire. Une partie du miel que nous
consommons provient d'Europe, mais aussi d'Argentine et d'Asie. Le
coût du miel importé est plus faible que celui du miel produit en
France. Par exemple, le miel importé d'Asie arrive en France à 1,5
€/kg en moyenne. De leur côté, les apiculteurs français doivent
vendre leurs miels au moins deux fois plus chers pour assurer la
rentabilité de leurs exploitations.
Cette différence de prix explique
la présence croissante des miels d'importation parmi les miels «
premiers prix » des grandes surfaces. A contrario, on y
retrouve de moins en moins de miels de colza et de tournesol
français. Pourtant, ces miels sont produits dans des zones de
grandes cultures. Les apiculteurs français participent ainsi au
maintien des pollinisateurs dans ces zones.
Faux miel ou
pas ?
Les importations croissantes de miels favorisent également
l'apparition de miels de mauvaise qualité ou de faux miels.
Les miels sont l'objet de trois
types de fraudes :
-
d'une part un procédé industriel
de fabrication de « miel »
-
d'autre part la contrefaçon, qui
consiste à mélanger du vrai miel avec du sirop de glucose
-
et enfin l'ajout d'eau.
Dans certains pays, le « miel » est
obtenu à partir d'un procédé industriel : le produit final ne
répond donc plus à la définition d'un vrai miel car il présente les
levures qu'il contient sont mortes et son goût altéré.
Comment reconnaître un vrai miel ?
Le vrai miel est issu de la maturation du nectar et du
miellat récolté par les abeilles dans les rayons de la ruche. Par
leur activité, les abeilles produisent dans la ruche un courant
d'air chaud qui permet la maturation et l'évaporation de l'eau
présente dans la récolte initiale.
Lorsque le miel est prêt, les
abeilles ferment le rayon par un bouchon de cire. C'est ce miel,
stable et entièrement naturel que l'apiculteur viendra
récolter.
Certaines pratiques en dehors de
l'UE permettent de récolter le nectar avant maturation et de le
faire sécher en usine. Dans ce procédé, le produit récolté n'est
pas stable et peut fermenter. La méthode de séchage modifie aussi
le goût du miel. Le produit obtenu est parfaitement sain mais de
faible qualité organoleptique. Son prix est peu élevé, mais ce
n'est pas du vrai miel !
On constate parfois que certains
miels sont des mélanges faits en usines entre de vrais miels et des
sirops de glucose. Plusieurs techniques ont été mises au point pour
détecter ce genre de fraudes. Elles sont de plus en plus
performantes, mais on est loin aujourd'hui de détecter toutes les
adultérations. Ces préparations sucrées sont de « faux miels »
obtenus à faible coût, qui tirent les prix vers le bas… au
détriment des producteurs de miels français et des
consommateurs !
Choisir des miels de bonne qualité,
même dans les premiers prix, garantit au consommateur que le miel
qu'il mange n'est pas une préparation sucrée, mais un produit
élaboré du début à la fin par des abeilles. Pour acheter du vrai
miel, le consommateur a intérêt à choisir celui qui a été produit
près de chez lui. Les distributeurs en grande surface s'attachent
souvent à proposer des miels de proximité fournis directement par
les apiculteurs.
Aussi, tant pour les consommateurs
que pour les apiculteurs professionnels, il est important que les
miels commercialisés soient de vrais miels, et de bonne
qualité.