Depuis quelques
jours, les actions syndicales se multiplient dans le Sud de la
France. Les producteurs de fruits et légumes réclament un plan de
sauvetage pour sauver une filière qui se meurt dans l'indifférence
générale.
La mobilisation des
producteurs de fruits ne se dément pas. Pendant tout le
week-end du 15 août, ils ont décidé d'alerter l'opinion et les
pouvoirs publics sur la situation de faillite dans laquelle ils se
trouvent. Le 11 août, quelque 200 manifestants des FDSEA venus du
Gard, du Vaucluse et des Bouches-du-Rhône ont bloqué le péage de
l'autoroute à Lançon-de-Provence, En quelques minutes, ils ont
intercepté des poids lourds espagnols remplis de pêches, de
nectarines, de poires qu'ils ont déversés sur la
chaussée.
Ils n'étaient pas
nécessairement en guerre contre les producteurs espagnols, mais
contre le système, les distorsions de concurrence qui pénalisent
les producteurs français et les grandes surfaces qui font pression
sur les prix au détriment de la qualité. « C'est un
problème de société. Est-ce que l'on veut encore des producteurs de
fruits et légumes dans nos régions ? Est-ce que l'on veut
encore des productions de qualité ? », s'interroge
Claude Rossignol, le président de la FDSEA des
Bouches-du-Rhône.
Vendredi c'était au tour des
producteurs des Pyrénées-Orientales de se mobiliser. Ils se sont
rendus au marché Saint-Charles près de Perpignan, la plaque
tournante de redistribution des fruits et légumes pour l'Europe
entière.
Pour le week-end du 15 août,
les producteurs de fruits de la Drôme, de l'Ardèche et du Rhône
avaient décidé d'interpeller vacanciers et touristes en déployant
des grandes banderoles aux péages sur le thème, « Sos fruits
et légumes : Politique absente », « Europe
coupable », « Etat irresponsable ».
Situation de
faillite
Selon Yves Aris, président de
la FDSEA des Pyrénées orientales, 65 % des producteurs de pêches
étaient en situation de dépôt de bilan avant le démarrage de la
saison 2011, chiffre communiqué par le Centre de gestion.
« Cette année pour boucler la campagne, il va manquer 20 % du
chiffre d'affaires pour couvrir les coûts, et 20 millions d'euros
pour toutes les exploitations arboricoles » du
département.
La crise ne date pas
d'aujourd'hui. « Ce fut la catastrophe sur la salade cet
hiver, les campagnes concombre et tomates au printemps ont été
complètement « plantées » pour les raisons que l'on
sait, la suspicion d'une contamination par l'E. Coli. Aujourd'hui,
c'est au tour de l'abricot et de la pêche » poursuit-il.
Et de dénoncer le rôle de l'Etat qui « ne joue plus son
rôle de régulation ». « On a tué le système de
gestion » déplore-t-il
Il attend beaucoup de la
réunion du Conseil spécialisé fruits et légumes convoqué pour le 17
août à Paris. « Il nous faut des décisions
fortes » plaide-t-il, telles qu'un retrait exceptionnel
pour assainir le marché ainsi que des mesures de trésorerie et
financières urgentes « pour passer un an de
plus ». Mais il ne cache pas que ces mesures ponctuelles
seront insuffisantes et que sans mesures structurelles, le scénario
2011 va se renouveler l'an prochain. Ainsi appelle-t-il de ses vœux
un accord interprofessionnel sur « un prix
conseillé » au détail. De 2 à 2,50 €/kg pour la pêche qui
permettrait de payer 1,50 €/kg à la station. Ce qui serait
suffisant pour rémunérer le producteur. Contre seulement 1 €/kg
aujourd'hui qui met les producteurs en faillite.