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Le Fil Agricole n°61

13 décembre 2021

N°61 – Semaine du 06 décembre 2021

ACTUALITÉS AGRICOLES

RECENSEMENT AGRICOLE : LE MODELE AGRICOLE FRANÇAIS DEMEURE FAMILIAL, A TAILLE HUMAINE ET FONDE SUR LA QUALITE

Les résultats du recensement agricole décennal publiés ce jour par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation démontrent une chose : le modèle agricole français demeure familial, à taille humaine et fondé sur la qualité. Premier enseignement : sur la décennie écoulée, la surface agricole utile demeure stable, avec 50% de la surface du territoire métropolitain cultivée. C’est un élément capital pour reconstruire notre souveraineté alimentaire et conserver le foncier comme moyen de production. Au-delà de la capacité de production, c’est aussi un outil de vitalité des territoires et de capacité à répondre aux enjeux climatiques. Deuxième enseignement : L’agriculture française demeure ancrée sur un modèle familial, avec une évolution du salariat permanent, qui confirme le modèle particulier de l’agriculture française basé sur de petites et moyennes entreprises à capitaux familiaux. La surface moyenne s’établissant désormais à 69 hectares. En comparaison, la taille des fermes de nos voisins européens comme le Danemark ou le Royaume-Uni se situe en moyenne à, respectivement 79 et 81 hectares. Aux Etats-Unis, la taille moyenne atteint 332 hectares. Troisième enseignement : notre agriculture poursuit et confirme son orientation vers une production diversifiée et de qualité : 36% des exploitations sont sous signe de qualité (agriculture biologique, labels…), soit un bond de 10 points en 10 ans. Un quart des exploitations commercialisent en circuits courts. Cela démontre que les agriculteurs ont à cœur de s’adapter à l’évolution de la demande des consommateurs. Cependant recensement met aussi en lumière les défis à relever pour assurer à l’agriculture un avenir sur le territoire français :  Celui du maintien de l’élevage car les exploitations spécialisées en production de bovins viande et lait, de porcins, d’ovins et de volailles sont fragilisées et l’avenir de l’élevage est posé ; Celui du renouvellement des générations : 58% des agriculteurs ont plus de 50 ans et 100.000 exploitations ont disparu en 10 ans. Cependant la stabilité du nombre de chef d’exploitation de moins de 40 ans est un élément de satisfaction car il démontre l’attractivité du métier pour les jeunes, tout comme la hausse des effectifs dans l’enseignement agricole, car de nombreux postes sont à pourvoir. La question du revenu des agriculteurs demeure cependant déterminante pour attirer de nouveaux porteurs de projets. La mise en application de la loi EGAlim 2, pour une revalorisation des prix, une politique de compétitivité passant par la fin des surtranspositions et la baisse des charges entre autres, doivent être au cœur des politiques agricoles européennes et françaises pour redonner aux agriculteurs actuels et futurs des perspectives de rémunération avec la forte mobilisation capital-travail dans les exploitations. C’est une condition impérative pour attirer des jeunes, c’est une condition impérative pour assurer la souveraineté alimentaire de la France.

REFORME DE LA GESTION DES RISQUES CLIMATIQUES EN AGRICULTURE : UNE ETAPE DECISIVE QUI EN APPELLE D’AUTRES

C’est l’ensemble des organisations membres du Conseil de l’agriculture française (CAF) qui a salué l’adoption en Conseil des ministres, le 1er décembre dernier, du projet de loi réformant la gestion des risques climatiques en agriculture. Ce projet impulsé et travaillé par la profession agricole s’appuie sur une articulation claire et lisible entre un régime de solidarité nationale, un régime assurantiel permettant une couverture adaptée selon les productions et une responsabilité personnelle de chaque agriculteur au travers d’un premier niveau de protection. Il repose également sur la création d’un groupement d’assureurs et sur une gouvernance structurée autour d’un Comité chargé de l’orientation et du développent des assurances récoltes (CODAR). Il s’intègre pleinement au sein des travaux menés dans le cadre du Varenne agricole de l’eau et de l’adaptation au changement climatique, permettant d’accompagner les transitions nécessaires identifiées par les diagnostics territoriaux. Répondant aux enjeux du changement climatique et à la forte attente des agriculteurs, il est prévu que cette loi entre en vigueur au 1er janvier 2023. Le Conseil de l’agriculture française partage cette ambition, tout en mesurant l’ampleur du travail technique à réaliser sur l’année 2022. A ce titre, il appelle l’attention du Gouvernement et des parlementaires sur l’absolue nécessité d’élaborer sans délai les contenus de l’ordonnance mentionnée à l’article 7 et des différents décrets. La profession agriocle demande aux pouvoirs publics que soient définies dès à présent les missions et l’organisation du groupement d’assureurs afin de permettre la mobilisation des différents acteurs impliqués dans la diffusion de l’assurance multirisques climatiques subventionnée, ainsi que dans la construction du réseau d’interlocuteurs agréés.

LOI SUR LE MINIMUM DE RETRAITE : UN GRAND PAS POUR LA RECONNAISSANCE DU TRAVAIL DES CONJOINTES

Le Sénat a adopté ce 9 décembre la revalorisation à 700 € par mois du minimum de retraite des conjoints et des aides familiaux à carrière complète. Après la revalorisation des minima de retraite des chefs d’exploitation de 75 à 85 % du Smic le 1er novembre dernier, c’est pour la FNSEA et ses sections des Anciens et des Agricultrices un grand pas pour la reconnaissance du travail des conjointes en agriculture. La retraite minimale des membres de la famille à carrière complète, déjà retraités et futurs retraités, passe ainsi de 555,50 € à 699,07 € par mois (montants 2021). Le plafond d’écrêtement toutes retraites confondues de la revalorisation est augmenté à hauteur du Minimum vieillesse (ASPA) passant de 874,76 € par mois à 906,81 € par mois. L’ensemble de ces mesures proposées par André Chassaigne (PCF, Puy-de-Dôme) à qui les retraités agricoles doivent déjo la loi accordant 85 % du Smic aux chefs d’exploitation, devrait concerner 210 000 personnes, essentiellement des femmes ! Pour la FNSEA et ses sections des Anciens et des Agricultrices, c’est un premier pas décisif. Le combat continue néanmoins pour obtenir une revalorisation des retraites des membres de la famille à carrière complète à hauteur de 75 % du Smic (913 € par mois). Au regard des efforts fournis par les conjoints tout au long de leur carrière, ce serait la véritable reconnaissance de leur rôle essentiel pour nourrir la France au cours des dernières décennies. Ce vote du Sénat représente donc la moitié du chemin et un signal fort pour les générations d’agricultrices qui ont contribué avec leurs conjoints à bâtir l’agriculture française.

LES CHEFS RESTAURATEURS EN SOUTIEN DES PRODUCTEURS DE FOIE GRAS

Pas moins de 14 associations de chefs prestigieux ont apporté le 9 décembre, un soutien appuyé et remarqué aux producteurs de foie gras, victimes culinaires des décisions politiques prises par certaines municipalités. En effet, nombre d’entre eux, parmi lesquels celles de Lyon, Strasbourg, Grenoble (etc.) ont décidé de bannir le foie gras des cérémonies officielles. Les édiles poussent même certains restaurateurs à faire de même. Volant au secours de producteurs de foie gras, consternés, choqués et scandalisés par ces décisions, 14 associations de chefs ont signé un manifeste. Parmi eux, Guillaume Gomez, représentant personnel du président de la République pour la gastronomie, l’alimentation et les arts culinaires. Dans celui-ci, ils s’engagent en particulier à mettre à l’honneur le foie gras à l’occasion des fêtes puis tout au long de l’année mais aussi à écrire aux maires concernés « pour leur proposer de reconsidérer leur décision ». Soutiens indéfectibles des producteurs, ils inviteront les élus à venir visiter les exploitations, toujours à taille humaine, dans lesquelles ils se fournissent.

ACTUALITÉS EUROPÉENNES ET INTERNATIONALES

TRANSPARENCE DE L’ORIGINE : UN PAS DE PLUS VERS UNE MEILLEURE INFORMATION AUX CONSOMMATEURS

C’est un nouveau pas en faveur de l’origine France qui a été franchi en 2021, avec la remise de l’avis du Conseil National de la Consommation (CNC) sur l’origine des denrées alimentaires et de leurs ingrédients le lundi 6 décembre. Cet avis, auquel la profession agricole a fortement contribué, encourage les opérateurs à renforcer la transparence en matière d’étiquetage de l’origine des matières premières agricoles utilisées dans les produits transformés, dans le cadre du règlement européen INCO. Le second objectif de cet avis vise à formuler des propositions concrètes à l’échelle européenne dans le cadre de la stratégie Farm to fork au moment même où la France s’apprête à prendre la Présidence de l’UE dès janvier prochain. Cet avis s’ajoute à l’encadrement de l’utilisation du drapeau français ou de la carte de France, instauré par la Loi EGAlim 2 dont le décret d’application est très attendu. En effet, revendiquer l’origine France d’un produit alimentaire ne peut être autorisé que si les produits agricoles incorporés le sont également afin d’éviter toute tromperie du consommateur. La Loi EGAlim 2 impose également l’étiquetage de l’origine des viandes dans la restauration hors foyer, autre débouché majeur de produits agricoles.  Suite aux revendications fortes et légitimes des producteurs, la France a su pour répondre aux attentes des consommateurs et des producteurs  expérimenter l’indication de l’origine du lait et des viandes dans les produits transformés. Aujourd’hui, cette règle est mise en œuvre par tous les opérateurs car il s’agit d’un axe très fort de création de valeur. Aucun retour en arrière ne peut être envisagé dans l’intérêt des filières et du consommateur.  Tout plaide donc pour transformer l’essai au niveau européen. La Présidence française de l’UE est une opportunité à ne pas manquer pour renforcer les exigences en matière de transparence sur l’origine des produits agricoles, en s’inspirant des éléments issus de cet avis.

INDE : FIN DES MOBILISATIONS AGRICOLES

Comme les principaux syndicats agricoles s’y étaient engagés, ils ont mis fin à leurs différents mouvements de grève à travers le pays, en particulier dans la capitale New Delhi ont-ils indiqué le 9 décembre. « Toutefois une marche est organisée le 11 décembre pour célébrer la victoire », a indiqué l’un des chefs de file du mouvement. En effet, le 22 novembre dernier, le Premier ministre indien, Narendra Modi, avait annoncé l’abrogation des trois lois agricoles qu’il avait fait voter par le Parlement indien en septembre 2020. Ces lois devaient libéraliser le secteur agricole, et mettre notamment un terme aux marchés contrôlés par l’État qui assuraient un prix de soutien minimal (PSM) pour certaines denrées. La fin de ce PSM a provoqué une gigantesque levée de bouclier de la part des agriculteurs. Ces derniers avaient commencé leur mouvement le 26 novembre 2020. Un an plus tard et après des échaufourrées qui ont conduit à la mort de plusieurs manifestants, , la chambre haute du Parlement indien, la Rajya Sabha (Conseil des États) et la chambre basse, la Lok Sabha (chambre du Peuple) ont voté le 29 novembre dernier l’abrogation des trois lois sur la réforme agricole. Ce qui a conduit les agriculteurs mettre un terme à leur mouvement.

BAROMÈTRE HEBDOMADAIRE DES PRODUCTIONS AGRICOLES

Le baromètre hebdomadaire des productions agricoles et le fil rouge de l’actualité des filières nationales et de leurs marchés.

LE BLE TROP CHER A L’EXPORT ?

Depuis le mois de septembre dernier, l’Egypte a payé chaque tonne de blé importée (plus de 350 dollars – $) au moins 100 $ de plus que l’an passé à la même époque. Le pays tente de faire des affaires en diversifiant ses approvisionnements mais le blé est cher partout ! Même avec un dollar à 1,12 €! En conséquence, l’egypte n’a acheté que 3,46 millions de tonnes (Mt) de blé alors que ses besoins sont estimés à 12,9 Mt d’ici le mois de juillet prochain. L’an passé, l’Egypte avait déjà acheté 4,04 Mt. L’Algérie est dans le même cas de figure. Le pays paie 90 $ de plus que l’an passé chaque tonne achetée en moyenne 335 €. Aussi, seules 2,8 Mt ont été importées depuis le mois de juillet (- 400 000 t sur un an) sur les 6 Mt programmées pour la campagne. L’effondrement de la livre turque pousse le gouvernement de Recep Erdogan à se détourner du blé russe trop onéreux en dollars pour se faire livrer du blé… argentin.  A contrario, au Moyen Orient, l’Arabie saoudite, portée par une économie florissante, a les moyens d’acheter plus de blé (3,34 Mt depuis le mois de juillet ; + 460 000 t sur un an) à un prix nettement plus cher 337 $/t  (+80 $/t sur un an). Autre conséquence du prix élevé du blé : le moindre attrait, confirmé un peu plus chaque mois, par l’industrie mondiale de l’alimentation animale pour la céréale. Le maïs produit en abondance dans le monde (1,212 Mt en 2021-2022 ;  +7,4 % sur un an) est meilleur marché pour fabriquer des aliments. En France, seules 4,6 Mt de blé, soit 1 Mt  de moins qu’en 2017-2018, seront transformées alors que la récolte était cette campagne-là équivalente à celle de cette année. A contrario, 3,3 Mt de maïs seront utilisées pour formuler des aliments, soit 0,9 Mt de plus qu’en 2017-2018, campagne pendant laquelle la récolte était aussi équivalente à celle de 2021-2022. Dans le monde, l’emploi de blé pour la fabrication d’aliments marque le pas (153 Mt +2.8 % sur un an) comparé à l’utilisation de maïs  (716 Mt ; + 5,4 %). La filière bioéthanol est aussi devenue est très rentable (309 Mt, + 11 Mt sur un an). Sur les marchés à termes Euronext, le prix de la tonne de blé valait 281 € le 6 décembre dernier, soit 30 € de moins que le 23 novembre précédent. L’annonce d’une reprise de l’épidémie activée par le nouveau variant Omicron fait craindre un ralentissement de la reprise de l’économie mondiale et par ricochet, des échanges commerciaux de céréales. Dans le même temps, les  prévisions de production de l’organisme australien Abares ont rassuré les opérateurs quant à l’approvisionnement des marchés mondiaux de blé. Durant la seconde moitié de la campagne, la nouvelle moisson record de 34 Mt, après celle déjà record de 2020 (33 Mt), permet à l’Australie d’en exporter 24 Mt. L’ile-continent prendra le relais de l’Ukraine qui a déjà expédié 92 % des quantités disponibles exportables (5,5 Mt) au terme de 5 mois de campagne. Les ventes de blé ont déjà atteint 15 Mt  alors que l’objectif de la campagne est de 23,5Mt. Mais au Brésil, la Niña sévit de nouveau et menace les récoltes de maïs à venir. La sécheresse s’étend jusqu’au sud-ouest de l’Argentine, ce qui pourrait impacter les échanges internationaux.  Par ailleurs, les opérateurs semblent avoir intégré la politique de taxation des exportations de céréales conduite par le gouvernement russe (84,9 $/t de blé le 1er décembre). Seules 15 Mt de blé ont été expédiées vers des pays tiers au terme de cinq mois de campagne, soit 24 % de moins que l’an passé. En même temps, la moitié du blé disponible à l’export cette année est déjà vendu. Quant à l’Union européenne, elle a déjà livré 13,1 Mt de blé, soit 2 Mt de plus de grains que l’an passé à la même époque. Et elle a les moyens d’expédier du blé (32,1 Mt) tout au long de la campagne.

Contact

Service affaires publiques FNSEAmail : guillaume.lidon@reseaufnsea.frtél : 01 53 83 48 92  

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