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Fil Agricole n°52

9 juillet 2021

N°52 – Semaine du 05 juillet 2021

ACTUALITÉS AGRICOLES

COMPTES NATIONAUX DE L’AGRICULTURE : LA FERME FRANCE A PERDU 1,9 % DE SA VALEUR EN 2020

Les agriculteurs ont prouvé leur capacité d’adaptation pour approvisionner les marchés nationaux et internationaux, comme en témoignent les comptes nationaux provisoires de l’agriculture pour l’année 2020. En effet, la production agricole en 2020 décroît de 1,8 % alors que la production intérieure brute, tous secteurs confondus, est en retrait de 7,9 %. Cette résilience de l’agriculture française s’exprime également à l’échelle européenne, la France résistant mieux que l’Allemagne ou l’Italie. Cependant, les agriculteurs n’ont pas été récompensés de leurs efforts, puisqu’on constate pour la deuxième année consécutive une baisse du résultat brut de la branche agricole qui passe de 27,3 Mds€ en 2019 à 26,5 Mds€. Ce résultat chute de 2,9 %, sous les effets conjugués de mauvaises conditions climatiques et de la crise sanitaire ayant entraînée des baisses de prix sur certaines filières et de la chute des ventes du fait de la fermeture des restaurants. Ainsi, la production de la branche agricole (hors subventions) baisserait en valeur de 1,9 %, notamment en raison de la contraction des productions végétale de -2,4 % et animale de -0,9 %. Dans le détail, la sécheresse et le virus de la jaunisse ont lourdement impacté les volumes des productions céréalières et betteravières des régions du nord de la Loire. Outre la hausse des cours des matières premières qui a fortement dégradé la rentabilité des productions animales, la fermeture prolongée de la restauration hors foyer a entraîné une saturation des marchés de la viande et une forte baisse des prix. L’année 2020 illustre donc bien la nécessité d’avancer sur l’amélioration de la résilience face aux aléas, l’adaptation au changement climatique des exploitations, combinée à une meilleure valorisation qui prenne en compte les coûts de production. Les travaux du Varenne agricole de l’eau, comme les suites de la PPL Besson-Moreau ou encore du Plan de relance, doivent permettre aux agriculteurs de tirer un revenu décent de leur activité, afin de gagner en compétitivité et de relever le défi de la souveraineté alimentaire à long terme.

DEPUIS 10 ANS LA FRÉQUENCE DES ORAGES DE GRÊLE AUGMENTENT : LA NÉCESSITÉ D’AMÉLIORER LA GESTION DES RISQUES

Depuis 10 ans, la fréquence des orages de grêle augmente avec des variations annuelles importantes, constatent les assurances européennes. Conséquences, les dégâts sont encore plus importants, ils ont plus que quadruplé, passant en moyenne par dossier de 376 € à 1 591 € en prix déflatés entre 1976 et 2019 dans l’Union européenne.  Le montant des dégâts dépend non seulement de la multiplication des orages, mais également de la taille des grêlons. On estime d’ailleurs que les dégâts vont encore augmenter en Europe, durant les prochaines décennies, à cause de l’augmentation des températures moyennes. Une étude effectuée en commun avec European Severe Storms Laboratory et les météorologues de Munich-Re, indiquent qu’avec une augmentation de 2,4 degrés de la température moyenne, les orages de grêle avec de grêlons de plus de 5 cm augmenteront de 30 à 40 % jusqu’à la fin de ce siècle. Certaines zones seront encore plus touchées, comme des parties de l’Italie, la côte Est de l’Adriatique, et dans le Sud de la France. C’est dans ce sens que Joël Limouzin, Vice-Président de la FNSEA, auditionné par la commission des finances du Sénat le 6 juillet, a plaidé pour une refonte urgente du système assurantiel. Spécialiste de la gestion des risques, il a rappelé que le fonds des calamités agricoles, financé par les agriculteurs, ne répond plus aux enjeux, car les agriculteurs ne peuvent plus faire face seule à ce défi du changement climatique. L’activation de la solidarité nationale devient alors de plus en plus nécessaire, mais doit rester le pendant de l’assurance. C’est pourquoi la FNSEA, comme le rapport Descrozaille ou comme Groupama, défend l’idée d’un pool de réassurance, afin de réussir un couple solidarité nationale / assurance, mais aussi la nécessité de revoir la question de la référence dite moyenne olympique, permettant le calcul des indemnisations.

ACTUALITÉS EUROPÉENNES ET INTERNATIONALES

LE CHAMPAGNE RÉTROGRADÉ EN « VIN PÉTILLANT » EN RUSSIE : LA COLÈRE DU MONDE VITICOLE

Le Comité Interprofessionnel des Vins de Champagne (CIVC) et la FNSEA ont fait part de leur colère suite à la loi russe signée le 2 juillet par le président Vladimir Poutine, qui rétrograde les champagnes français en « vin pétillant » et qui transforme les vins effervescents russes en « champagne ». Cette loi concerne alors le marché intérieur russe, où les exportateurs ne pourront pas étiqueter sur leurs bouteilles « champanskoe », c’est-à-dire « champagne » en russe. Pour l’interprofession, cette nouvelle loi n’assure pas aux consommateurs russes une information claire et transparente sur l’origine et les caractéristiques des vins et elle remet en cause plus de 20 ans de discussions bilatérales entre l’Union européenne et la Russie sur la protection des appellations d’origine. Pour protester, de nombreux groupes français de champagne ont demandé aux entreprises champenoises de cesser toute expédition vers la Russie, jusqu’à nouvel ordre. Effectivement, une appellation, c’est un terroir, un savoir-faire, des pratiques, un patrimoine et des filières organisées dont la renommée est ainsi identifiable dans le monde entier. Face à cela, l’Union des viticulteurs et vignerons russes, affirme que le champagne français n’est pas conforme aux normes russes et elle demande à ce que les champagnes s’y conforment. Rappelons que la Russie importe 50 millions de litres de champagne et vins pétillant par an, soit environ 67 millions de bouteilles, le champagne représentant environ 13 % de ce volume.

VERS UNE PÉNURIE ALIMENTAIRE EN CORÉE DU NORD

Les prévisions de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), estiment que la Corée du Nord manquerait d’environ un million de tonnes de denrées alimentaires en tous genres et risquerait alors une nouvelle pénurie alimentaire dès le mois d’août. Depuis la chute de son allié l’URSS, la pénurie alimentaire est presque chronique dans ce pays totalement replié sur lui-même, qui a connu une grande famine entre 1994 et 1997 causant la mort de 1,5 million à 3,5 millions de personnes. En 2019 déjà, un rapport de l’ONU indiquait que 10 millions de Nord-Coréens, soit 40 % de la population, souffraient de malnutrition. Cette situation catastrophique, dont les civils sont les premières victimes, résulte en partie d’un choix politique, celui du développement autocentré, de type socialiste soviétique, qui recherche l’autosuffisance. Il tient également aux sanctions de la communauté internationale contre ce pays aux programmes militaires interdits. Preuve des risques, le dictateur communiste nord-coréen, Kim Jong-Un, a reconnu lui-même que « la situation alimentaire est tendue » et que l’objectif de production agricole qu’il s’était fixé n’a pas pu être atteint « en raison des dégâts causés par les typhons ». Aussi, pour lutter contre le coronavirus, la Corée du Nord a fermé toutes ses frontières, ce qui limite l’aide alimentaire de la Chine et de nombreuses ONG ont été contraintes de quitter le pays.

INITIATIVES AGRICOLES 

AGRICULTEURS ET APICULTEURS SIGNENT UN PARTENARIAT : ENTRE COMPLÉMENTARITÉ ET INTERDÉPENDANCE

L’institut de l’abeille (ITSAP), le réseau des Associations régionales de Développement Apicole (ADA France) et l’Assemblée Permanente des Chambres d’Agriculture (APCA) ont signé la convention de partenariat « Agriculture-Apiculture-Pollinisation ». Au profit de la durabilité des exploitations agricoles et apicoles, cet accord vise à renforcer la collaboration entre les apiculteurs et agriculteurs. Il s’agit véritablement d’un partenariat « gagnant-gagnant » qui doit se décliner à l’échelle locale et qui devrait permettre de favoriser l’acquisition des connaissances, de les partager entre les différents acteurs et de promouvoir le développement des activités agricoles et apicoles dans les territoires. Il faut rappeler que 80 % des cultures ont besoin de pollinisateurs et que les abeilles doivent accéder à leurs ressources alimentaires d’avril à novembre, ce qui nécessite d’améliorer le dialogue et d’utiliser un référentiel commun.

 

BAROMÈTRE HEBDOMADAIRE DES PRODUCTIONS AGRICOLES

Le baromètre hebdomadaire des productions agricoles et le fil rouge de l’actualité des filières nationales et de leurs marchés.

MIEL : ALORS QUE L’ANNÉE 2021 S’ANNONCE CATASTROPHIQUE DU FAIT DES ALÉAS CLIMATIQUES, LE BILAN 2020 PRÉSENTE UN RECORD AVEC UNE HAUSSE DE 47 %, PREUVE DU DYNAMISME DE LA FILIÈRE

Même si la récolte de miel 2021 s’annonce catastrophique suite aux événements climatiques du début d’année, notamment le gel, le bilan de l’année 2020 souligne une vraie dynamique pour la filière apicole. Effectivement, selon une synthèse menée pour FranceAgriMer, la France a produit près de 32 000 tonnes de miel en 2020, contre 21 600 tonnes en 2019, soit une hausse de 47 %. L’augmentation du nombre de ruches en production, mais aussi la nette amélioration du rendement, permettent ces bons chiffres. Effectivement, on comptait au printemps 2020 1,37 million de ruches en production, contre 1,22 million en 2019, soit une progression de 12 %. Cette augmentation s’explique notamment par des conditions météorologiques favorables lors des derniers hivers, ni trop de pluie, ni trop peu, et des températures douces, favorisant au printemps le développement des colonies d’abeilles. L’absence de vent a également protégé les fleurs fragiles comme celles d’acacia. Ainsi, le rendement moyen par ruche, progresse de 30 % par rapport à 2019, étant estimé à 23,2 kg de miel par ruche en 2020. Ce rendement augmente selon la taille de l’exploitation, passant de 18,1 kg par ruche pour les exploitations de moins de 50 ruches, qui représente 92,4 % des apiculteurs, à 28,8 kg par ruche pour les cheptels de plus de 400 ruches, qui regroupent 6,2 % des apiculteurs, mais assurent le tiers du volume de production. Géographiquement, on note des disparités, les régions Centre-Val-de-Loire, Grand-Est et Bourgogne-Franche-Comté dépassent même 31 kg par ruche. Cependant, bien qu’élevé, le rendement 2020 reste inférieur à ceux observés en 2015 et en 2018.

LA FRANCE DEVIENT LA PLAQUE TOURNANTE DU MARCHÉ OVIN… BRITANNIQUE

Au mois d’avril, les français ont acheté moins de viande de porc (- 4,2 % sur un an) et de viande ovine (-10,9 %), en revanche, ils ont consommé plus de viande bovine (+7,1 %). Sur le marché de l’import-export de viande ovine, deux tendances se dessinent alors, la consommation de viande ovine se contractant, la France importe moins d’animaux d’Irlande et de Nouvelle-Zélande, les français achetant de plus en plus de l’agneau produite en France. A contrario, notre pays est devenu la plaque tournante du marché ovin britannique dans l’Union européenne, puisque plus de la moitié des agneaux importés d’Outre-Manche en France est réexportée. Toutes origines confondues, les importations françaises de viande ovine représentent 8 337 tonnes en avril 2021 et sont supérieures de 23,7 % sur un an. Les quantités de viande importées de Grande-Bretagne représente 4 100 t et ont crû de 114 %. Ainsi, depuis le début de l’année, 16 626 tonnes de viande ont été expédiées du Royaume Uni, soit +74 % sur un an et dans le même temps, les exportations de viande ovine depuis la France pour 9 796 téc ont crû de 323 %.

HAUSSE HISTORIQUE DES CHARGES POUR L’ÉLEVAGE CAPRIN

La Fédération Nationale des Éleveurs de Chèvres (FNEC), association spécialisée de la FNSEA, alerte sur la hausse historique des coûts de production de lait de chèvre en 2021. Effectivement, on constate une forte progression de l’indice des prix d’achat des moyens de production agricole (Ipampa) du lait de chèvre, l’indice passant de 109,6 en février, à 110,4 en mars, 111 en avril et sont désormais les plus élevés depuis janvier 2005. Cette hausse se traduit dans les exploitations par un surcoût de 30 à 50 €/1000 litres, portant le prix de revient du lait de chèvre à 840 €/1000 litres en moyenne. La FNEC demande donc à tous les opérateurs de s’engager à revaloriser le prix du lait de chèvre dans les prochains mois pour permettre aux éleveurs de passer cette période de hausse des charges historique sans mettre en danger la dynamique de la filière caprine.

 

Contact

Service affaires publiques FNSEA
mail : guillaume.lidon@reseaufnsea.fr
tél : 01 53 83 48 92 
 

 

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