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Le Fil Agricole n°36

7 juillet 2021

N°36 – Semaine du 8 mars 2021

ACTUALITÉS AGRICOLES

LA FNSEA FÊTE LES 75 ANS DU SERMENT DE L’UNITÉ PAYSANNE

C’était il y a 75 ans, dans la nuit du 13 au 14 mars 1946 que la FNSEA a tenu son congrès constitutif. En ce mois de mars 1946, le pays est exsangue et peine à nourrir sa population. La récolte de 1945 a été la plus faible enregistrée depuis vingt ans : seulement 43 millions de quintaux (Mqx). Les besoins d’importation ont été évalués à plus de 27 Mqx. Pour reconquérir une souveraineté alimentaire qui ne dit pas encore son nom, les agriculteurs, sous la houlette d’Eugène Forget, font le serment lors d’un congrès, à mains levées, de l’unité paysanne. La FNSEA était née. « Je fais le serment de l’unité paysanne ! Je fais le serment que plus jamais chez nous on ne pourra exercer en même temps un mandat syndical et un mandat politique », lance Eugène Forget. Ce militant du MRP (Mouvement républicain populaire) entend incarner la famille paysanne, une famille plurielle (exploitants, salariés agricoles, techniciens, coopératives… tout cela réuni au sein de la Confédération générale de l’agriculture), qui doit se rassembler et non se déchirer et régler ses comptes en ces temps de reconstruction. Les statuts de la FNSEA donnent droit de cité aux associations spécialisées qui « doivent agir dans le cadre des directives de la politique générale agricole arrêtée par la FNSEA ». A cette époque, la FNSEA est partie intégrante de la Confédération générale de l’agriculture (CGA, qui, le 12 octobre 1944, a officiellement pris le relais de la Corporation paysanne, dissoute par le Gouvernement provisoire de la République française). Il faudra cependant attendre le deuxième congrès, en 1947, pour que les velléités d’indépendance commencent à s’afficher. Le rapport moral adopté demande qu’une distinction soit faite entre la CGA et la FNSEA, « distinction dans leur nature et dans leur rôle, ayant pour conséquences une répartition précise des attributions et une organisation interne des services assurant à la FNSEA sa pleine indépendance sur un plan fédéral ». La crise dure jusqu’en 1953, date de la séparation définitive, la CGA ne devenant plus qu’un organe de coordination.

CONSOMMATION : AFFICHER L’ORIGINE DU LAIT EST MAINTENANT… ILLÉGAL ! 

Le Conseil d’Etat a annulé le 11 mars, un décret gouvernemental qui avait imposé l’étiquetage de l’origine du lait, le jugeant illégal. En effet, pour les juges du Palais Royal, « il n’existe pas de lien avéré entre l’origine du lait (Union européenne ou non) et ses propriétés », conformément à un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne du 1er octobre 2020. C’est le 19 août 2016 que le Premier ministre avait rendu obligatoire, par décret, à titre expérimental « l’indication de l’origine du lait (…) pour la période allant du 1er janvier 2017 au 31 décembre 2018 ». Cette période d’expérimentation avait été prolongée, par décrets, jusqu’au 31 décembre 2021. Le groupe Lactalis avait jugé cet étiquetage illégal parce qu’il était contraire au règlement du 25 octobre 2011 du Parlement européen et du Conseil de l’Union européenne concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires. Par conséquent, le Conseil d’Etat a jugé que la société Lactalis « est fondée à demander l’annulation pour excès de pouvoir de ce décret ainsi que des décrets qui en ont prorogé les effets ». L’Etat est condamné à verser 6 000 euros à Lactalis. Il faut aussi signaler que le décret du 19 août 2016 incriminé concerne également « le lait et des viandes utilisées comme ingrédient dans des denrées alimentaires préemballées ». D’autres procès et décisions contentieuses sont-ils à prévoir ? La FNSEA qui se bat avec force (et est à l’origine de cette demande) depuis des années pour la reconnaissance de l’origine des produits agricoles prend acte de cette décision, un coup dur pour le monde agricole, et se montre plus que jamais offensive pour poursuivre son combat pour la transparence et l’origine. Un impératif tant pour les agriculteurs que pour les consommateurs !

LOUP : LES FRANÇAIS POUR L’AUTODÉFENSE DES BERGERS

Selon un sondage réalisé par la Fédération nationale ovine (FNO – association spécialisée de la FNSEA) et la Confédération nationale de l’élevage (CNE), « plus de six Français sur dix pensent que les bergers devraient avoir le droit de se défendre lorsque les loups attaquent leurs troupeaux ». Selon ce même sondage réalisé en janvier et septembre 2020, par OpinionWay, mais divulgué le 9 mars, près de 8 sondés sur 10 comprennent le désarroi des éleveurs de brebis. « Cette empathie est d’autant plus forte chez les personnes ayant déjà entendu parler des problèmes de prédation (81%) », précise la FNO. Par ailleurs ce sondage indique que plus de six Français sur dix privilégieraient l’élevage de brebis à la présence du loup. « Cette intention est davantage prononcée par les habitants du Sud-Est (69%) qui sont témoins depuis plus de 20 ans de l’impact du loup sur leur territoire », rapporte la FNO. En revanche, les Français paraissent partagés par le « déclassement » de l’espèce lupine qui est aujourd’hui répertoriée comme protégée : 50% sont pour et 50% sont contre. En 2020, plus de 3 700 attaques de loup ont été déclarées, selon la DREAL d’Auvergne-Rhône-Alpes. Près de 12 000 brebis, chèvres, vaches et chevaux ont péri sous les crocs du loup.

CHÈQUES ALIMENTAIRES : IL EST TEMPS D’AGIR

La mise en place d’un chèque alimentaire va être débattue dans le cadre du projet de loi « Climat et résilience » dont l’examen a débuté au Parlement. Cette actualité est l’occasion pour la FNSEA de rappeler au Gouvernement, qu’« un tel outil doit répondre à l’urgence sociale, mais doit aussi être l’occasion de reconnecter la production agricole et les citoyens ». Demandant la mise en place d’un « dispositif simple et efficace » « ambitieux et pérenne », elle souhaite que ce chèque, qui pourrait s’inspirer des Food Stamps ayant cours aux États-Unis « couvre l’ensemble des besoins nutritionnels, en intégrant les produits frais, bruts ou transformés, qu’ils soient d’origine végétale ou animale, issus d’une production agricole locale et durable ». Aux États-Unis, c’est le Supplemental Nutrition Assistance program (SNAP – Programme d’aide supplémentaire à la nutrition) qui délivre une assistance aux personnes et familles à faible ou aucun revenu vivant dans le pays. La FNSEA qui a bien pensé ce dispositif, souhaite que la grande distribution mais également les commerces de détail alimentaires, les artisans des métiers de bouche, les circuits de vente en circuit court (magasins de producteurs, vente à la ferme…) puissent accueillir les personnes éligibles à ces chèques alimentaires. Dans une récente tribune (Le Monde du 16 décembre), Christiane Lambert, Présidente de la FNSEA, avait pointé la nécessité d’appliquer un tel chèque, eu égard à la précarité grandissante : « Ce bataillon de silencieux n’a cessé de croître au fil des ans à une vitesse inquiétante, presque exponentielle : 3,5 millions en 2014, 5,5 millions en 2019 et 8 millions aujourd’hui », écrivait-elle. Avoir un impact social avéré, tout en étant un outil valorisant les productions agricoles françaises. C’est en alliant ces deux principes que l’on répondra efficacement à l’urgence sociale !

ACTUALITÉS EUROPÉENNES ET INTERNATIONALES

TAXES ÉTATS-UNIS/UE : MORATOIRE DE QUATRE MOIS SUR LES VINS ET SPIRITUEUX

Un peu moins de 24 heures après avoir annoncé la suspension des surtaxes (appelées taxes Trump) sur certains produits du Royaume-Uni (Whisky, porc, fromage…), les États-Unis ont fait savoir à l’Union européenne, le 5 mars, qu’elles suspendaient celles instaurées sur les vins et spiritueux français. La Présidente de la Commission européenne, Ursula van der Leyen a, en retour, décidé de suspendre également les droits de douane imposés dans le cadre du litige Airbus/Boeing qui dure depuis plus de 16 ans. Formellement, il s’agit d’une suspension de quatre mois. Les réactions de satisfaction ont été nombreuses, à commencer par celle des organisations agricoles françaises. Dans un communiqué commun, la FNSEA, Jeunes Agriculteurs, la CNAOC, Vin IGP, la Coopération agricole et Vignerons indépendants ont exprimé leur « soulagement pour la filière vin française qui subit ces taxes depuis de nombreux mois ». Saluant le travail des autorités françaises et européennes, elles espèrent que « cette première étape très positive » sera « concrétisée par une résolution du conflit ». Toutes ces organisations qui réclament au gouvernement « la compensation du préjudice subi », espèrent une sortie de crise rapide et définitive.

GASPILLAGE ALIMENTAIRE MONDIAL : 923 MILLIONS DE TONNES PAR AN

Plus de 900 millions de tonnes de nourriture sont jetées chaque année, indique le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) dans un rapport publié le 4 mars, rapport intitulé « Food Waste index » (Index de gaspillage alimentaire). Ce rapport met en évidence un problème mondial. En effet, tous les pays sont concernés à des degrés plus ou moins divers. Sur les 54 pays étudiés, couvrant environ les trois quarts de l’humanité (pays riches, moyens et pauvres), il ressort que pour 121 kilos d’aliments gaspillés chaque année par habitant de la Terre, 74 kilos, soit bien plus que la moitié, le sont au niveau du foyer. Sur les 20 pays de l’UE étudiés, la Slovénie, l’Autriche et la Belgique paraissent les pays les plus « vertueux ». Seuls huit pays européens sont en-dessous de la moyenne mondiale. Ce phénomène est « remarquablement similaire dans les pays à revenu moyen inférieur et dans les pays à revenu élevé, ce qui suggère que la plupart des pays ont encore des progrès à faire », note le rapport. Au total, ce sont 570 millions de tonnes sur les 930 millions que les ménages gaspillent chaque année, soit 61,3%. La restauration est responsable de 26% du gaspillage et presque 13% pour le commerce de détail. Pour mieux faire prendre conscience de l’importance du sujet, le PNUE ose cette comparaison très parlante : les 923 millions de tonnes de nourriture gaspillées chaque année rempliraient 23 millions de camions de 40 tonnes (de pare-chocs à pare-chocs, assez pour faire sept fois le tour de la Terre). Si les pertes et les déchets alimentaires étaient un pays, il serait la troisième source d’émissions de gaz à effet de serre.

BAROMÈTRE HEBDOMADAIRE DES PRODUCTIONS AGRICOLES

Le baromètre hebdomadaire des productions agricoles et le fil rouge de l’actualité des filières nationales et de leurs marchés.

LE SECTEUR DES VOLAILLES RÉALISE DE MEILLEURS RÉSULTATS QUE PRÉVU MAIS L’INQUIÈTUDE RESTE FORTE

Tous les feux ne sont pas au vert mais l’interprofession des volailles (Anvol) estime avoir bien limité la casse en 2020. Ce sont en effet 1,88 million de tonnes de volailles qui ont été consommées en France l’année dernière, soit peu ou prou la consommation de 2019 (1,9 million de tonnes). Ce qui place la France à la troisième place européenne, derrière le Royaume-Uni et l’Allemagne. Le poulet reste une valeur sûre puisqu’il représente 71% des volailles consommées en France, devant la dinde (16%), les canards (9%) et les autres produits (cailles, pigeons…). Les ménages ont été friands de poulets et de dindes, les premiers voyant leurs achats bondir de +12,3% et les seconds de 3,6%. Même avec la restauration hors foyer, les chiffres restent positifs : +1,3% pour les poulets et +1,8% pour les pintades. « Avec la restauration qui a fermé en 2020, on avait des craintes de perdre énormément de volumes », a expliqué Anne Richard, Directrice d’Anvol. Ces bons chiffres masquent toutefois quelques disparités : très prisés par les ménages (+4,2%), le canard a vu sa consommation chuter de 17% « en raison du fort impact de la fermeture de restaurants pour cette filière », a expliqué Anvol. Les pintades subissent elles aussi le même sort avec un recul de 11,5%.

Mais ce qui inquiète le plus l’interprofession, c’est l’explosion des coûts de production avec la flambée du prix des matières premières. Une flambée qu’il explique par quatre facteurs : la faiblesse du dollar par rapport à l’euro ; la demande croissante de la Chine ; une plus grande faiblesse de la production et une partie de la spéculation qui s’est mise sur ces marchés. En bout de chaîne, il manque une hausse des prix de 9%. Si en début d’année, la grande distribution a accepté une hausse de prix de 6%, Anvol espère obtenir les 3% manquants au cours du printemps. Autre motif d’inquiétude pour l’interprofession volailles : les conséquences de la crise aviaire. Certes, elle a moins touché les élevages de volailles (400 000 volailles abattues) que les canards gras (plus de 3 millions) mais les aides de l’Etat ne viennent pas compenser les pertes réelles de la filière. Aujourd’hui, comme lors des crises de 2015 et 2017, il manque 400 millions d’euros à la filière.

Enfin, les aviculteurs restent très attentifs à l’évolution de l’accord entre l’Union européenne et le Mercosur. L’accord signé entre l’UE et le Mercosur va se traduire par l’importation supplémentaire de 180 000 t de poulet par an, équivalent à presque 1 million de poulets par jour. Anvol ne comprend pas la stratégie de la Commission européenne qui souhaite, dans ce dossier, dissocier les aspects commerciaux et environnementaux afin d’activer les premiers et de repousser les seconds à plus tard. Pas question de segmenter ces accords. L’Etat doit arrêter les négociations sur le Mercosur ?

FRUITS ET LÉGUMES FRAIS : LES FRANÇAIS LEUR FONT TOUJOURS CONFIANCE

FranceAgriMer et Interfel (Interprofession de la filière des fruits et légumes frais) ont présenté, le 3 mars, l’édition 2020 du Baromètre sur la confiance des Français envers les fruits et légumes frais. Il s’agit de la septième édition de cette enquête. Premier enseignement : la crise sanitaire n’a pas ébranlé la confiance des Français envers les fruits et légumes frais. Et même plus généralement, le niveau de confiance se renforce pour l’ensemble des produits alimentaires. Tous les segments sont en hausse par rapport à 2019 : +2 points pour les produits frais (97% de confiance), +1 point pour les produits surgelés (86%), +4 points pour les conserves (86%). La hausse la plus spectaculaire concerne les plats cuisinés. Le niveau de confiance est passé de 44% en 2019 à 55% en 2020.

Visiblement, les Français n’ont pas fait que cuisiner en 2020, ils ont aussi apprécié les plats préparés. Si l’on regarde plus particulièrement la place des fruits et légumes au sein de l’univers du frais, elle est stable. Ils conservent la deuxième place, après le pain (93% de confiance) : 93% de confiance pour les légumes frais (stable), et 92% pour les fruits frais (stable). Suivent les produits laitiers (90%), le poisson (84%), les volailles (83%), et les viandes (83%). La crise sanitaire s’est révélée être un contexte favorable pour les fruits et légumes d’origine France. « On observe un renforcement de la confiance envers ces produits privilégiés pour soutenir les producteurs nationaux », écrivent les auteurs de l’enquête. Neuf Français sur dix annoncent avoir privilégié les produits nationaux. L’origine des produits arrive, par ailleurs, en tête des raisons de confiance pour 36% des consommateurs (en tête pour la troisième année consécutive), devant l’aspect des produits (23%) et les modes de culture (17%). Autre point positif, et certainement un autre effet des confinements, le plaisir à cuisiner et à consommer des fruits et légumes progresse. Près de la moitié des Français se disent tout à fait d’accord avec cette affirmation. Mais cela n’empêche pas les consommateurs d’être vigilants. Et de manifester une relative inquiétude sur une potentielle contamination à la Covid-19 en touchant les produits (40% d’inquiets) ou en les consommant (entre 19% et 32% d’inquiétudes selon qu’il s’agit de fruits qui s’épluchent ou de légumes crus).

Autre effet paradoxal de la crise, le secteur des fruits et légumes frais a été, en partie, épargné par une trop forte actualité, souvent négative. Pendant des semaines, c’est la crise sanitaire qui a monopolisé les médias. Résultat : seulement 39% des Français se souviennent d’au moins une actualité sur les fruits et légumes en 2020. Ils étaient 50% en 2019. Pour 14%, il s’agit d’une actualité sur les traitements chimiques (24% en 2019). Et, en conséquence, l’inquiétude vis-à-vis de ces traitements recule de 5 points à 26%. Notons enfin que les Français se sentent davantage informés sur les fruits et légumes fais. Ce sentiment d’information progresse (il passe de 52% à 62%) « mais qu’il faut renforcer » soulignent les auteurs. Les acteurs de cette confiance évoluent. Si les associations de consommateurs restent en tête avec 85% de confiance, les primeurs se hissent à la deuxième place (+11 points à 78%), au même niveau que les professionnels de santé et que la famille et les amis. La côte de confiance des agriculteurs est en hausse de 5 points à 70%, alors que les ONG environnementales sont en léger recul (63%, -2%).

 

Contact

Service affaires publiques FNSEA
mail : guillaume.lidon@reseaufnsea.fr
tél : 01 53 83 48 92 
 

 

 

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