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Le Fil Agricole n°73

15 avril 2022

N°73 – Semaine du 04 avril 2022

ACTUALITÉS AGRICOLES

GEL : LES CALAMITES AGRICOLES MOBILISEES

Une vague de froid s’est abattue sur la France dans les nuits du 2 au 3 avril puis du 3 au 4 avril. Elle a particulièrement touché le Sud-Ouest : la vallée de la Garonne, la Charente et la Charente-Maritime, la Dordogne et jusqu’aux Pyrénées-Atlantiques. Au total, c’est plus d’un tiers de la France qui a été touché. Selon Météo-France, la nuit du 3 au 4 avril a été la nuit la plus froide enregistrée en France depuis 1947. Les températures les plus basses ont été enregistrées en Champagne, où elles sont descendues jusque -9 degrés Celsius, alors que le gel a touché la quasi-totalité du pays. Seuls Paris intramuros et certaines terres en bordure du littoral ont été épargnées. Intervenant au micro d’Europe 1, le 4 avril, Christiane Lambert, présidente de la FNSEA a précisé. « Quand la température descend à -5° C tout est grillé dans les arbres fruitiers. Pour certains, cela représente 80 % de pertes malgré leur travail de protection. Psychologiquement pour les agriculteurs, c’est catastrophique », a-t-elle soutenu. Ce froid tardif a touché de plein fouet les productions arboricoles et viticoles « en premier lieu les producteurs de fruits à noyaux tels que les pêches, abricots, prune, mirabelle, et cerises. Ils viennent de passer la nuit à défendre leur culture contre le gel, à défendre le fruit de leur travail », a annoncé un communiqué de presse du Premier ministre Jean Castex. « Les dégâts potentiels pourraient être très importants », a-t-il ajouté. Christiane Lambert l’a d’ailleurs confirmé : « Compte tenu de l’état d’avancement des vergers, ce sont les arboriculteurs qui se seront très impactés » Tout au long de ces deux nuits les agriculteurs n’ont pas ménagé leur peine pour mettre en œuvre les moyens traditionnels de lutte contre le gel : tours anti-gel, brassage de vent, aspersion de vignes… Actuellement, tous les dégâts n’ont pas encore été recensés. Les vignobles de Bordeaux, de Sauternes et de Cognac très affectés par les températures basses pourraient connaître, selon les spécialistes, des pertes pouvant aller jusqu’à 100 %, si les moyens de lutte ne sont pas appliqués. Des records de froid ont été observés, en particulier à Bergerac : -5,1°C le 3 avril. L’ancien record datait de 2021 avec -4,4°C. « L’État sera aux côtés des agriculteurs touchés, comme il l’avait été tout particulièrement lors de l’épisode de gel d’avril 2021, avec la mise en place d’un plan d’ampleur», a affirmé le Premier ministre. En 2021, un printemps précoce causant le début de bourgeonnement de la végétation (le « débourrement » dans les vignes) avait été suivi d’un épisode de gel du 3 au 10 avril, causant de nombreux dégâts dans les vignes notamment. L’Etat avait versé au total plus d’un milliard d’euros. Les agriculteurs attendent avec impatience l’application de la loi sur l’assurance récolte. Ils restent aussi très vigilants et très inquiets car des gelées tardives sont toujours à craindre. Ainsi en Bourgogne en 2016, le gel était survenu le 27 avril, entraînent 80 % de perte de récolte, notamment sur les vignes. A ce stade, concernant l’épisode actuel, il est encore trop tôt pour évaluer les pertes subies. « Mais cette année encore, ce sera très grave », a d’ores et déjà certifié Christiane Lambert.

ACTUALITÉS INTERNATIONALES ET EUROPEENNES

DIRECTIVE IED (EMISSIONS INDUSTRIELLES) : LES ORGANISATIONS AGRICOLES MECONTENTES

Dans un communiqué commun le 7 avril, la FNSEA et quatre de ses associations spécialisées (porc, lait, bovin viande et volaille) ont marqué leur étonnement après la publication de la directive IED sur les « émissions industrielles ». « La Commission européenne mélange tout », s’inquiètent-elles. Pour elles, la classification de cette directive qui amalgame élevage et industrie aura « pour conséquence d’imposer toujours plus de normes de charges et de contraintes bureaucratiques aux éleveurs. Ce faisant, la Commission pousse, de fait, à accroître la taille des élevages et met en danger les élevages les plus petits ! », s’inquiètent les cinq organisations qui jugent cette directive « Incompréhensible ». La FNSEA et ses associations spécialisées s’interrogent sur la volonté de la Commission « de condamner l’élevage familial en France et en Europe ». A titre d’exemple, la directive IED considère industriel un élevage bovin français de 100 vaches sur 120 hectares, nourri à 80 % d’herbe et géré par un couple d’éleveurs. Les cinq organisations appellent la Commission européenne « à la raison » et demandent au Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne de la rectifier et de « revenir au bon sens ».

BAROMÈTRE HEBDOMADAIRE DES PRODUCTIONS AGRICOLES

Le baromètre hebdomadaire des productions agricoles et le fil rouge de l’actualité des filières nationales et de leurs marchés.

PRODUCTION OVINE : DYNAMIQUE PRIX A LA VEILLE DE PAQUES ET DU RAMADAN, MAIS UNE OFFRE DEFICITAIRE EN FRANCE…. SANS SIGNE DE REPRISE 

Les fêtes de Pâques et du Ramadan boostent la demande mondiale de viande ovine tout au long du mois d’avril. Mais la France n’a pas les moyens d’y répondre. L’offre structurellement déficitaire n’affiche aucun signe de reprise. En janvier dernier, la production a reculé de 3 % en 2021 à 5 500 tonnes équivalent carcasse (téc). Selon l’Idele (institut de l’élevage), les agneaux de prairie arriveront sur le marché en mai, après les fêtes. En attendant, les cours de la viande ovine (7,54 €/kg en semaine 10) entament une période de hausse. Outre-Manche en février dernier, la production britannique de viande ovine s’est redressée de 14 %  sur un an (21 000 tec). En Irlande, les abattages d’agneaux (463 000 têtes) ont progressé de 13 %. Dans les mois à venir, l’Union européenne n’a pas à redouter la concurrence océanienne. En janvier dernier, les exportations néozélandaises de viande ovine (34 130 téc) ont reflué de 14 % sur un an. En Australie, les abattages d’agneaux (10,3 millions de têtes) ont chuté de moitié l’an passé et les réformes de brebis baisse de 60 %. Les éleveurs australiens engagés dans une phase de recapitalisation depuis un an, reconstituent leur troupeau.

UKRAINE, GRIPPE AVIAIRE : LA FILIERE AVICOLE « EN DETRESSE »

Les interprofessions avicoles* appellent le gouvernement à la rescousse. Gravement touchée par la guerre en Ukraine qui fait flamber le prix de l’alimentation animale, de l’énergie etc et donc du coût de production, la filière avicole subit également une grave crise en raison de la grippe aviaire. Le 6 avril, la France comptait près de 1 200 foyers en élevage (1 196 exactement), 45 cas en faune sauvage et 22 cas en basse-cours. Plus de 10 millions de volailles ont été abattues depuis le mois de novembre 2021. En conséquence, les trois interprofessions demandent au gouvernement un important train de mesures parmi lesquelles « l’indemnisation à 100 % des pertes économiques des élevages jusqu’à la remise en place effective des animaux, y compris au-delà de la date de fin des restrictions sanitaires ». Elles lui demandent aussi de renforcer l’accompagnement financier de l’activité partielle. « En effet, près de 10 000 emplois sont aujourd’hui concernés par un arrêt d’activité en raison de l’influenza aviaire (Sud-Ouest et Pays de la Loire) », précise le communiqué.

* Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (CIFOG), Interprofession volailles de chair (ANVOL) et Comité national pour la promotion de l’œuf (CNPO)

LAIT DE CHEVRE : LES ELEVEURS DEMANDENT LA RÉOUVERTURE DES NÉGOCIATIONS COMMERCIALES

Comme d’autres productions, le conflit entre la Russie et l’Ukraine impacte très fortement depuis plusieurs semaines la filière caprine notamment en ce qui concerne l’alimentation animale. En effet, les éleveurs caprins sont fortement dépendants des achats d’aliments, qui représentent plus de 50 % du coût de production, ce poste représentant même jusqu’à 70 % dans certaines exploitations. D’après les projections de la Fédération nationale des éleveurs de chèvre (Fnec), l’indice Ipampa Lait de Chèvre s’établirait à 147,2 à juin (comparé à 122,8 en janvier 2022). Soit une hausse de 20 % en seulement quelques mois. Le prix de revient du lait atteindrait 918 € / 1 000 litres en juin, alors que la moyenne de prix des 12 derniers mois est de 794 € / 1 000 litres. «  Il manque donc plus de 120 €/ 1 000 L pour couvrir la hausse des coûts de production », estime la Fnec. Les évolutions de prix du lait de chèvre permises par les négociations commerciales closes le 1er mars dernier n’accordent à ce stade que 20 à 30 € / 1000 L à partir de mars, ce qui est nettement insuffisant. Aussi les éleveurs appellent les transformateurs et les distributeurs à réouvrir des négociations commerciales. L’objectif étant d’obtenir une revalorisation du prix du lait de 90 à 100 €/1 000 litres.

 

Contact

Service affaires publiques FNSEAmail : guillaume.lidon@reseaufnsea.frtél : 01 53 83 48 92  

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