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Rétorsions Airbus : l’agriculture refuse d’être un dommage collatéral

3 octobre 2019

Annoncé depuis plusieurs mois les rétorsions américaines dans le conflit Boeing- Airbus seront mises en œuvre dès le 18 octobre pour un montant record de 7,5 milliards de droits additionnels, incluant les produits agroalimentaires. L’agriculture démontre une fois de plus son caractère géostratégique en faisant les frais des tensions commerciales internationales, sur des sujets qui ne la concernent en rien.

Avec une approche américaine différenciant les Etats membres, l’administration Trump jouent avec les gouvernements et les agriculteurs européens et dévoient les règles de l’OMC. En effet, si les mesures ont été autorisées par l’OMC, la distinction entre Etats membres revient à démultiplier les effets sur le marché unique, bien au-delà des seuils autorisés. Et pour semer davantage de trouble, l’administration Trump envisage de modifier la liste dans 3 mois !

En taxant avec des droits additionnels de 25 % les vins tranquilles, les fromages et le porc français, c’est un marché de plus de 1 milliard d’euros qui est touché. Mais les répercussions cumulées sont bien plus importantes, et impactent l’ensemble du marché unique, les effets indirects pouvant être dévastateurs.

Les pouvoirs publics français et européens ont eu le temps de se préparer afin d’éviter les déstabilisations de marchés prévisibles. En ces temps d’incertitudes liées au Brexit, et de la situation économique déjà très difficile des producteurs (sécheresse, prix bas, …) , nous ne pourrons pas attendre des mesures au compte-goutte et étalées dans le temps comme ce fut le cas pour l’embargo russe. Il faudra agir vite et fort !

Nous attendons des pouvoirs publics qu’ils prennent la mesure des rétorsions et envisage dès à présent les mécanismes permettant de passer le cap. Les agriculteurs français ne veulent pas être les dommages collatéraux de cette nouvelle guerre commerciale.

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